jeudi 7 mars 2024

MON TÉMOIGNAGE II

 

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Allah « n’a pas pris de compagne ni de fils » (72.3). Allah n’a pas de famille. Il n’en a pas besoin. Il n’a pas besoin d’être aimé par une épouse ou assisté par un fils. Autrement, Il ne serait pas Dieu. La meilleure épouse qu’Allah pourrait créer pour Lui-même ou le meilleur fils qu’Il pourrait jamais faire serait soit aussi bon que Lui, soit meilleur que Lui. Mais pourquoi Allah aurait-Il auprès de Lui quelqu’un qui pourrait être aussi bon que Lui ou meilleur que Lui ? Quel en serait le but ? Rien ne peut être aussi bon que Lui ou meilleur que Lui, et ce qui est moins bon qu’Allah ne peut être un dieu. « Rien ne Lui est semblable » (42.11). Un point c’est tout. Il ne peut y avoir qu’Allah, d’un côté, et le Royaume d’Allah, de l’autre. Et ensuite : « Ton Seigneur crée ce qu’Il veut et choisit » (28.68). Pourquoi ? Parce que « S’il y avait dans le ciel et la terre des divinités autres qu’Allah, tous deux seraient certainement dans le désordre » (21.22). « Allah ne S’est point attribué d’enfant et il n’existe point de divinité avec Lui ; sinon, chaque divinité s’en irait avec ce qu’elle a créé, et certaines seraient supérieures aux autres » (23.91). « S’il y avait avec Lui d’autres divinités comme ils le disent, ils chercheraient alors un chemin [pour atteindre] le Maître du Trône » (17.42). Regardez ce que l’homme, cette faible créature mortelle, a fait contre Allah sur terre ; qu’en serait-il si Allah S’entourait d’autres dieux dans les Cieux ? Quel roi sensé accepterait d’avoir autour de lui quelqu’un qui pourrait faire ce qu’il fait ou défaire ce qu’il défait ? Cela serait imprudent de sa part. Nous avons vu ce qui s’est passé à travers l’Histoire entre les rois et leurs parents, leurs enfants et leurs frères et sœurs. Allah dit : « Il n’a pas été donné à un mortel qu’Allah lui parle autrement que par révélation, ou de derrière un voile, ou qu’Il envoie un messager qui révèle, par Sa permission, ce qu’Il veut. Il est Très-Haut et Sage » (42.51). « Ils adorent au lieu d’Allah ce qui ne peut ni leur profiter ni leur nuire. L’infidèle est toujours un allié contre son Seigneur » (25.55). Allah peut accomplir toute Son œuvre par Lui-même. « À Lui appartient tout ce qui est dans les cieux et tout ce qui est sur la terre. Allah est en vérité le Riche, le Digne de louange » (22.64). Ainsi, le Royaume d’Allah ne peut être gouverné que par Allah. Mais Allah ne veut pas gouverner uniquement par la force. Envers ceux qui veulent la force, Allah utilisera la force, car Il est « le Tout-Puissant, le Sage » (3.6). Pour ceux qui méritent l’amour, Allah réservera l’amour, car Il est « Clément et Aimant » (11.90). Omar ibn al-Khattab a dit : « Des prisonniers furent amenés au Messager d’Allah (paix et bénédictions d’Allah sur lui), et parmi eux se trouvait une femme qui cherchait (son enfant). Quand elle trouva son enfant, elle l’embrassa et le mit contre son sein. Le Messager d’Allah (paix et bénédictions d’Allah sur lui) nous dit : "Pensez-vous que cette femme jetterait son enfant dans le feu ?" Nous répondîmes : "Non, par Allah, pas si elle peut l’éviter." Le Messager d’Allah (paix et bénédictions d’Allah sur lui) dit alors : "Allah est plus miséricordieux envers Ses serviteurs que cette femme ne l’est envers son enfant." » Nous savons tous que la pluie, qui est un don d’Allah, ne tombe pas seulement là où Allah est adoré. Allah dit : « Nous soutenons tous, ceux-ci et ceux-là, des dons de ton Seigneur. Et les dons de ton Seigneur ne sont refusés à personne » (17.20). « C’est Lui qui envoie les vents comme une annonce de Sa miséricole. Puis, lorsqu’ils transportent une nuée lourde, Nous la dirigeons vers un pays mort [de sécheresse], puis Nous en faisons descendre l’eau, par laquelle Nous faisons germer toutes sortes de fruits. Ainsi ferons-Nous sortir les morts. Peut-être vous souviendrez-vous » (7.57). Cette « terre morte » pourrait se trouver n’importe où dans le monde. Allah dit : « Nous leur montrerons Nos signes dans l’univers et en eux-mêmes, jusqu’à ce qu’il leur devienne évident que ceci est la vérité. Ne suffit-il pas que ton Seigneur soit témoin de toute chose ? » (41.53) Nous savons aujourd’hui que dans presque tous les pays du monde, il y a au moins une ou deux personnes qui croient en Allah. Pour cette seule personne, Allah est prêt à pourvoir aux besoins de tous ceux qui vivent là où elle réside. Parce que cette personne aura besoin de manger, de s’habiller, d’utiliser des moyens de transport, d’avoir un foyer, etc., et tout cela ne peut être accompli par elle seule. Elle aura besoin de gens pour cultiver pour elle, de gens pour fabriquer ses vêtements, pour construire sa maison, etc., etc. Tous ces gens mangeront à peu près les mêmes choses, utiliseront les mêmes moyens de transport, auront le même genre de foyers, etc., mais seulement dans ce monde. Dans l’Au-delà, seuls les croyants auront les bonnes choses. C’est pourquoi il n’est pas anti-islamique pour un bon musulman de profiter des bonnes choses de cette vie. Allah dit : « Dis : Qui a interdit la parure d’Allah, qu’Il a produite pour Ses serviteurs, ainsi que les bonnes nourritures ? Dis : Elles sont destinées à ceux qui ont la foi, dans la vie présente, et exclusivement à eux au Jour de la Résurrection. Ainsi exposons-Nous clairement les signes pour des gens qui savent » (7.32). C’est pourquoi Allah a pourvu à nos ancêtres qui ne croyaient pas en Lui. Il leur a fourni nourriture, abri, tout. Il a suscité l’amour pour leur procurer du bien-être, afin de les encourager à se marier, à fonder une famille, à préparer les générations futures de croyants. C’est pourquoi, lorsque l’ange Gabriel dit au Prophète Muhammad (paix et bénédictions d’Allah sur lui) que, s’il le voulait, Allah pourrait détruire les habitants de Taïf, qui l’avaient maltraité, il répondit : « Non, mais j’espère qu’Allah leur donnera des enfants qui adoreront Allah Seul et n’adoreront rien d’autre que Lui. » Cela signifie-t-il qu’Allah fait tout cela et prend toute cette peine parce qu’Il a besoin d’être adoré, d’être aimé ? Eh bien, le Prophète (paix et bénédictions d’Allah sur lui) est mort il y a quatorze siècles, et son message est encore partagé dans tant de langues par des gens qui ont goûté à la douceur de la foi, par des gens qui aiment Allah.

 

 

Alors que je vis un nouveau jour, je gagne quelque chose et j'en perds autre chose, dont la moindre est la perte de mes jours passés qui sont partis pour de bon et ne reviendront jamais. Partout où je regarde, je vois des signes que je quitterai ce monde un jour. Je vois des bébés qui auront mon âge quand je ne serai plus là. Je vois des jeunes qui me rappellent que j'étais aussi jeune qu'eux et que je ne le suis plus. Je vois des personnes très âgées et je ne suis pas sûr de vivre aussi longtemps qu'elles. Je vois des plantes qui ne durent que quelques mois et des arbres qui ont plus de 100 ans. Tout cela me rappelle que je partirai tôt ou tard. En même temps, quand je fais mes prières cinq fois par jour, que je lis un peu de Coran, et que j'accomplis de bonnes actions, jour après jour, j'ai le sentiment que j'investis en quelque sorte dans ces jours révolus et que cet investissement devrait porter ses fruits au moment de ma mort. Je sens que ma vie est en réalité éternelle depuis que j'ai quitté le ventre de ma mère. Allah dit : « Ils n'y goûteront pas la mort, excepté leur première mort » (44.56). Cela me donne de l'espoir.

 

 

Dans le Coran, je lis : « ... qu'Il aime et qui L'aiment » (5.54). Qu'est-ce que cela signifie ? Eh bien, cela signifie que, pourquoi pas, Allah peut aussi m'aimer. Et c'est quelque chose que j'aimerais tant. Mais comment savoir qu'Allah m'aime ? Allah dit : « Quant à l'homme, lorsque son Seigneur l'éprouve en l'honorant et en le comblant de bienfaits, il dit : "Mon Seigneur m'a honoré." Mais lorsqu'Il l'éprouve en lui restreignant sa subsistance, il dit : "Mon Seigneur m'a méprisé" » (89.15-16). Je supposerais probablement que si Allah me donne tout ce que je veux, cela peut être un signe qu'Il m'aime. Mais quel est le signe que je L'aime ? Pourquoi Allah m'aimerait-Il si je ne L'aime pas en retour ? Suis-je « le meilleur en conduite » ? Allah dit : « Ô hommes ! Nous vous avons créés d'un mâle et d'une femelle, et Nous avons fait de vous des nations et des tribus, pour que vous vous entre-connaissiez. Le plus noble d'entre vous, auprès d'Allah, est le plus pieux. Allah est certes Omniscient et Parfaitement Informé » (49.13). Allah dit aussi : « Nous avons certes créé l'homme dans la forme la plus parfaite » (95.4) « Ne voyez-vous pas qu'Allah vous a assujetti ce qui est dans les cieux et sur la terre ? Et Il vous a comblés de Ses bienfaits apparents et cachés » (31.20) « Et si vous comptiez les bienfaits d'Allah, vous ne sauriez les dénombrer. Allah est certes Pardonneur et Miséricordieux » (16.18). Si cela s'applique aussi à moi, qu'ai-je donné à Allah en retour ? Quand quelqu'un me donne quelque chose, je dis merci. Ai-je remercié Allah pour tous Ses dons ? Comment ? Ai-je une relation spéciale avec Allah, une relation bien, bien meilleure que ma relation avec quiconque d'autre ? Allah dit : « Ceux qui croient sont plus ardents à aimer Allah » (2.165) « Allah a fait descendre le plus beau des récits, un Livre dont [certains versets] se ressemblent et se répètent. Ceux qui craignent leur Seigneur frissonnent à sa lecture, puis leur peau et leurs cœurs s'amollissent au rappel d'Allah. Voilà le guide d'Allah par lequel Il guide qui Il veut » (39.23) « Les vrais croyants sont ceux dont les cœurs frémissent quand on mentionne Allah, et quand Ses versets leur sont récités, cela augmente leur foi. Et ils placent leur confiance en leur Seigneur. Ceux qui accomplissent la prière et dépensent de ce que Nous leur avons attribué. Ce sont eux, les véritables croyants. Ils ont des degrés auprès de leur Seigneur, un pardon et une dotation généreuse » (8.2-4) « Invoquez Allah comme vous invoquez vos ancêtres, ou même d'une invocation plus fervente encore » (2.200). Suis-je parmi ceux visés par ces versets ? Quand je veux pécher, par exemple, est-ce que je me cache d'Allah ou des gens ? Est-ce que je crains Allah ou est-ce que je crains les gens ? Allah dit : « ... Un groupe d'entre eux craignent les hommes comme on craint Allah, ou même d'une crainte plus forte » (4.77) « Ils cherchent à se cacher des hommes, mais ils ne cherchent pas à se cacher d'Allah » (4.108) « Parmi Ses serviteurs, seuls les savants craignent Allah » (35.28) « Tel homme se voue à la recherche de l'agrément d'Allah. Allah est Compatissant envers Ses serviteurs » (2.207). Est-ce que je me soucie vraiment de « l'agrément d'Allah » ? Est-ce que je crains vraiment Allah ? Est-ce que j'aime vraiment Allah ? Allah dit : « Dis : "Si vous aimez vraiment Allah, suivez-moi, Allah vous aimera alors et vous pardonnera vos péchés." Allah est Pardonneur et Miséricordieux » (3.31). Est-ce que je suis le Prophète (paix et bénédictions d'Allah sur lui) ? Est-ce que je me pose ces questions quand je vais bien ou seulement quand je suis malheureux ? Que fais-je quand je suis malheureux ? Est-ce que je me tourne vers Allah ou est-ce que je me détourne de Lui ? Est-ce que j'implore Allah de me pardonner et de m'aider ou est-ce que j'essaie par tous les moyens de changer mon destin ? Et avant tout cela, est-ce que je suis un bon croyant ? Est-ce que je suis un vrai croyant ? Le Prophète (paix et bénédictions d'Allah sur lui) a dit : « Aucun d'entre vous ne croit (vraiment) tant qu'il n'aime pas pour son frère » – ou il a dit « pour son voisin » – « ce qu'il aime pour lui-même. »

 

 

Qu'est-ce que j'aime pour moi-même ? Les adultes normaux aspirent généralement à trois choses : l'indépendance financière, le mariage et la bonne santé. Et si je n'avais rien de tout cela ? Et si j'étais sans emploi, célibataire et malade ? Que pourrais-je faire ? Apparemment, pas grand-chose. Tout ce que je peux faire, c'est vivre avec cela, l'accepter et attendre la délivrance – tout comme une personne sans abri qui ne trouve pas de refuge. « Si tu travailles dur, tu réussiras » ne fonctionne pas toujours. Sinon, tous les sans-abri, tous les chômeurs… seraient paresseux. Mais ce n'est pas vrai. On peut rencontrer des accidents en cours de route. Supposons que je sois marié, que j'aie deux merveilleux garçons et un conjoint aimant, saurais-je ce qui pourrait m'arriver, à moi ou à eux, dans un avenir proche ? À ce propos, voici une anecdote. Elle se trouve dans le Coran. « …Ils partirent tous deux jusqu'à ce qu'ils rencontrent un jeune garçon qu'il tua. (Moïse) dit : "As-tu tué une âme innocente qui n'avait tué personne ? Tu as commis une chose horrible." Il dit : "Ne t'avais-je pas dit que tu ne pourrais pas patienter avec moi ?" (Moïse) dit : "Si je t'interroge sur quoi que ce soit après cela, ne m'accompagne plus. Tu as de ma part une excuse valable." » (18.74-76) Moïse (paix soit sur lui) était un prophète et pourtant il ne pouvait pas comprendre pourquoi tuer un « jeune garçon innocent ». Vous et moi aurions la même réaction. Même après avoir lu la justification du meurtre du garçon, on se demanderait encore : pourquoi Allah n'a-t-Il pas donné d'emblée le bon enfant à ces bons parents ? Eh bien, ils auraient peut-être pris cela pour acquis, tout comme je prends pour acquis le fait de prendre le train, d'allumer la lumière, d'allumer la télévision, d'aller au travail, de recevoir un appel d'une personne chère… Est-ce que je remercie Allah pour tout ce confort ? Et si je perdais ce confort du jour au lendemain ? Et si je perdais quelque chose qui m'était si cher ?

 

 

Espérons que cette grande perte puisse – je dis bien puisse – me rapprocher de mon Seigneur, afin que je réfléchisse plus sérieusement non seulement à mon confort matériel, à ma santé, à mon aisance financière en ce monde, mais aussi à mon salut. Que préféreriez-vous : un travail après une longue période de chômage ou un message aimable d'une personne que vous aimiez tant et que vous pensiez vous avoir oublié ? Que ressentiriez-vous en lisant ce message inespéré, ou lorsque je reçois un appel surprise de cette personne chère ? Si l'on y réfléchit, ce n'est rien comparé au moment où Allah fait descendre la pluie après une grave sécheresse, ou lorsqu'Il éteint le feu d'une guerre meurtrière, ou lorsqu'Il aide quelqu'un à rembourser sa dette alors qu'il était sur le point d'être emprisonné. C'est là notre chance de ressentir l'amour d'Allah. C'est là notre chance de savourer et de chérir cet amour de notre Seigneur, le Seigneur des mondes. Les gens sont fiers de prendre des selfies avec des humains comme eux, qu'en est-il de l'amour du Seigneur des mondes ?

 

 

Ce sont des expériences personnelles. Ce qui m'arrive peut arriver à d'autres personnes de diverses manières. Moi aussi, j'ai besoin de comprendre des choses qui ne peuvent être comprises par la seule raison. J'ai donc besoin de vivre des expériences personnelles et de connaître aussi les expériences personnelles des autres.

 

 

Aïcha a rapporté : « Le Messager d'Allah (paix et bénédictions d'Allah sur lui) avait égorgé un mouton et distribué de grandes portions de sa viande. Puis il demanda : "Qu'en reste-t-il ?" Je répondis : "Il n'en reste rien, excepté une épaule." Il dit alors : "Tout ce qu'il en reste, excepté l'épaule." » Comment vous et moi pourrions-nous comprendre cela avec notre logique ? Le mouton a été mangé par les pauvres et il ne restait plus dans la chambre d'Aïcha que cette épaule : c'est la logique, c'est la raison. Mais pour le Prophète (paix et bénédictions d'Allah sur lui), il y avait une autre logique. Il voyait la logique d'Allah. Nous, les humains, quand nous perdons quelque chose, il nous est difficile de penser à un remplacement/une compensation que nous ne pouvons pas voir de nos yeux.

 

 

Nous, les humains, poserons toujours des questions logiques telles que : pourquoi Allah a-t-Il donné aux prophètes Noé et Lot de mauvaises épouses, et au tyran Pharaon une bonne épouse qu'il ne méritait pas ? Verrions-nous dans la femme de Pharaon une épouse pour lui, mais aussi une mère adoptive pour Moïse (paix soit sur lui), qui aurait autrement pu être tué par Pharaon ?

 

 

Le Coran nous apprend qu'Allah n'a pas donné d'enfant à Abraham (paix soit sur lui) avant qu'il ne soit très âgé. Puis, après lui avoir donné un enfant et que cet enfant ait grandi un peu, Allah a dit à Abraham (paix soit sur lui) (dans un rêve) de le sacrifier. Quelqu'un qui n'a pas la foi dans son cœur ne verrait là qu'une forme de sadisme. Mais Abraham et son fils oublieraient toutes les souffrances endurées durant l'épreuve une fois qu'ils verraient le don apporté par les anges depuis les cieux, depuis le Seigneur des mondes. C'est comme si vous donniez une gifle à votre petit fils ou à votre petit frère, pour une raison ou une autre, et que vous lui offriez ensuite un cadeau surprise : la gifle est douloureuse, mais votre cadeau la lui fera oublier, parce que vous lui donnez un signe que vous l'aimez, que vous ne lui vouliez aucun mal. De même, il n'est pas facile pour beaucoup de jeûner pendant le mois sacré du Ramadan. Et pourtant, ils le font, non par crainte des gens, mais pour plaire à Allah et pour faire du bien à leur propre santé.

 

 

Pourquoi Allah a-t-Il fait cela à Abraham, pourquoi lui a-t-Il ordonné de sacrifier son fils unique ? Nous n'avons pas besoin d'imaginer une explication. Quand Allah me dit, en tant que croyant, de faire quelque chose, je dois le faire, je ne demande pas pourquoi. Allah dit : « La parole des (vrais) croyants, quand ils sont appelés vers Allah et Son messager pour que celui-ci juge entre eux, est seulement qu'ils disent : "Nous avons entendu et nous obéissons." Et voilà ceux qui réussissent » (24.51) « Il n'appartient pas à un croyant ou à une croyante, une fois qu'Allah et Son messager ont décidé d'une chose, d'avoir le choix dans leur décision. Et quiconque désobéit à Allah et à Son messager s'égare manifestement dans un égarement profond » (33.36). Personne ne demande à un roi de justifier un ordre. Allah est le Roi, le Seigneur des mondes, un point c'est tout. Adam, ne touche pas à cet arbre. Voilà, n'y touche pas. Allah dit : « Et lorsque Saül partit avec les troupes, il dit : "Voici qu'Allah va vous éprouver par une rivière : quiconque en boira ne sera plus des miens ; mais quiconque n'y goûtera pas sera des miens, excepté celui qui puisera un peu d'eau dans le creux de sa main." » (2.249) Ne dépassez donc pas ce qui vous a été ordonné. Allah dit : « La chasse en mer et la nourriture de la mer vous sont permises, pour votre jouissance et celle des voyageurs. Et vous est interdite la chasse à terre tant que vous êtes en état de sacralisation » (5.96). Voilà, ne chassez pas sur terre. Ne posez pas de questions. Peut-être y a-t-il des secrets que je ne connais pas et qu'Allah ne me révélerait pas. Je dois donc faire ce qui m'est ordonné. Qui suis-je pour être admis dans le Secret d'Allah ? Je dois respecter la distance entre moi et mon Seigneur, tout comme je respecte la distance entre moi et mes supérieurs au travail. Je dois montrer à mon Seigneur qu'Il est réellement mon Seigneur. Je dois Lui montrer que je L'aime en obéissant à Ses ordres, quels qu'ils soient. Je ne dois pas demander pourquoi un héritier mâle doit recevoir le double d'une héritière femelle. Cela ne me regarde pas. Je ne dois pas demander pourquoi une femme ne prie ni ne jeûne pendant ses menstrues. Allah ne m'a pas demandé d'utiliser de l'eau pour mes ablutions si je suis malade. Allah me permet simplement d'effectuer le tayammum si je ne peux pas trouver/utiliser d'eau, ou d'accomplir mes prières quotidiennes allongé sur le côté dans mon lit si je suis malade. Allah me permet de reporter mon jeûne après le Ramadan si je suis malade. Si je peux voir le symbolisme dans le tayammum, pourquoi ne puis-je pas voir le symbolisme dans l'arbre d'Adam, ou dans la rivière des Hébreux, ou dans l'interdiction de chasser pendant le Hajj à La Mecque ?

 

 

Allah m'a fait (en tant qu'humain) vicaire de Lui sur cette terre. Un vicaire n'est pas le roi. Mais un vicaire peut être rapproché du roi. Moi aussi, je peux être rapproché de mon Seigneur si je suis un bon vicaire. Quel est mon travail en tant que vicaire ? Je fais ce que je peux, voilà mon travail. Je peux aider une personne sans-abri en lui offrant un abri, de la nourriture, des vêtements, de l'argent ou simplement un sourire. Je fais cela pour un humain comme moi. Si je me marie, j'épouse un humain comme moi. Si je travaille, je travaille pour un humain comme moi. Si Allah veut se venger d'un tyran, Il lui enverra un humain comme lui. Allah ne transportera pas les victimes en ambulance ni n'aidera l'aveugle à traverser la rue. Moi, en tant que croyant, je le fais en Son nom. Si Allah veut que je sois sans emploi, personne ne me donnera jamais de travail à moins qu'Allah ne le veuille. Si Allah veut que je reste célibataire, personne ne m'épousera à moins qu'Allah ne le veuille. C'est parce qu'Allah est le Seigneur. Allah dit : « Ne sais-tu pas qu'à Allah appartient la royauté des cieux et de la terre, et qu'en dehors d'Allah vous n'avez ni protecteur ni secoureur ? » (2.107)

 

 

Allah n'est jamais dans les informations, mais Il est quelque part derrière ce qui fait l'actualité. Quand une célébrité meurt, tous les médias parlent de cette célébrité, mais où est-elle emmenée ? Dans une église ou une mosquée, là où Dieu est (supposé être). Les gens qui ont la foi dans leur cœur le savent. Ainsi, chacun fait ce qu'il peut en tant que vicaire d'Allah. Ils cherchent une relation paisible plutôt que conflictuelle avec Allah, parce qu'ils savent qu'il y a des choses qu'Allah seul peut faire. Allah les fait pour nous. Allah dit : « Voyez-vous ce que vous labourez ? Est-ce vous qui le faites pousser, ou sommes-Nous le cultivateur ? Si Nous voulions, Nous le réduirions en débris, et vous ne cesseriez pas de vous lamenter : "Nous voilà endettés ! Mais plutôt, nous sommes privés de tout !" Avez-vous observé l'eau que vous buvez ? Est-ce vous qui la faites descendre des nuages, ou sommes-Nous le descendeur ? Si Nous voulions, Nous la rendrions salée. Pourquoi n'êtes-vous pas reconnaissants ? » (56.63-70) « Que l'homme considère sa nourriture : C'est Nous qui versons l'eau en abondance, Puis Nous fendons la terre par fissures, Et y faisons pousser grains, vignobles et plantes potagères, oliviers et palmiers, jardins touffus, fruits et herbages, pour votre jouissance et celle de vos bestiaux. » (80.24-32)

 

 

Nous, les humains, avons tendance à oublier tout cela jusqu'à ce que nous soyons frappés par un feu de forêt, une inondation ou une sécheresse. Mais ceux d'entre nous qui ont la foi dans leur cœur n'oublient jamais la Générosité d'Allah. Ils s'efforcent donc de servir leur Seigneur et n'attendent pas qu'Il les serve. Quand ils ont besoin de quelque chose, ils implorent Allah de les aider. Quand ils ont des questions, ils réfléchissent à des réponses possibles plutôt que de les poser brutalement. Ces personnes savent que même la science ne peut pas tout expliquer. Elles essaient donc de deviner ce qu'Allah attendrait de chacune d'elles, et chacune s'efforce d'accomplir sa mission de la meilleure façon possible. Ce qui compte, c'est ce qu'Allah veut, non ce qu'elles veulent.

 

 

Ces personnes voient (avec leur cœur) comment Allah utilise même les tremblements de terre, les guerres et toutes sortes de calamités pour rappeler à l'homme le Paradis, quand l'homme ne veut rien voir d'autre que la vie de ce monde. Ces personnes voient que malgré toutes les calamités, la vie reste belle. Les gens trouvent le temps de se réjouir et de s'amuser même en temps de guerre. Demandez à une femme ce qu'est l'accouchement, elle dira affreux. Demandez-lui ce qu'est le premier sourire de son bébé, elle dira tout autre chose.

 

 

17

 

 

Je suis reconnaissant envers Allah pour tous Ses dons et bienfaits. Mais pourquoi devrais-je, par exemple, accomplir mes prières chaque jour, en me répétant sans cesse ? Pourquoi ne prierais-je que lorsque je suis libre et concentré ? Eh bien, notre journée est remplie de répétitions, n'est-ce pas ? Nous mangeons et buvons chaque jour ; nous allons aux toilettes chaque jour ; nous dormons chaque jour, nous faisons beaucoup de choses chaque jour, n'est-ce pas ? Nous utilisons également notre vue, notre ouïe, notre esprit, nos mains, nos pieds et bien plus encore chaque jour. Ne serait-il pas logique, alors, qu'en tant que croyant, je rende grâce au Créateur et Pourvoyeur en me souvenant de Lui chaque jour aussi ? Allah dit : « Ô hommes ! Rappelez-vous le bienfait d'Allah envers vous ! Existe-t-il un créateur autre qu'Allah qui vous attribue du ciel et de la terre ? » (35.3) « Et rappelez-vous Allah comme vous vous rappelez de vos pères, ou d'un rappel plus fervent encore. » (2.200) « Ô vous qui croyez ! Rappelez-vous Allah d'une façon fréquente. Et glorifiez-Le matin et soir. C'est Lui qui prie sur vous, ainsi que Ses anges, afin qu'Il vous fasse sortir des ténèbres à la lumière ; et Il est Miséricordieux envers les croyants. » (33.41-43) « Rappelez-vous Allah, comme Il vous a enseigné ce que vous ne saviez pas. » (2.239) « Rappelez-vous Moi donc, Je Me souviendrai de vous. Rendez-Moi grâce et ne soyez pas ingrats envers Moi. » (2.152) « Ceux qui invoquent Allah, debout, assis ou couchés sur le côté, et méditent sur la création des cieux et de la terre (disant) : "Notre Seigneur ! Tu n'as pas créé cela en vain. Gloire à Toi !" » (3.191) « Ils s'arrachent de leurs lits pour invoquer leur Seigneur avec crainte et espoir, et ils dépensent de ce que Nous leur avons attribué. » (32.16)

 

 

Allah dit dans le Hadith Qodsi : « Je suis tel que Mon serviteur M'imagine, et Je suis avec lui lorsqu'il M'évoque. S'il M'évoque en lui-même, Je l'évoque en Moi-même ; s'il M'évoque dans une assemblée, Je l'évoque dans une assemblée meilleure que la sienne ; s'il s'approche de Moi d'un empan, Je m'approche de lui d'une coudée ; s'il s'approche de Moi d'une coudée, Je m'approche de lui de la longueur de deux bras tendus ; et s'il vient à Moi en marchant, Je viens à lui en courant. » Et dans le Coran nous lisons : « Quiconque obéit à Allah et au Messager... ceux-là seront avec ceux qu'Allah a comblés de bienfaits : les prophètes, les véridiques, les martyrs et les vertueux. Et quels compagnons que ceux-là ! » (4.69) Voilà la véritable Élite.

 

 

En tant que croyant, je dois aussi m'acquitter de la Zakat. La Zakat est destinée à aider les pauvres. Mais c'est le rôle de l'État, dirais-je. C'est à l'État de prendre soin des pauvres. Je paie déjà des impôts pour cela. Eh bien, en échange des impôts que nous payons chaque année, notre État nous fournit des services (écoles, hôpitaux, routes, etc.) et nous n'avons besoin de tout cela que tant que nous allons bien et que nous sommes en forme. Qu'en est-il lorsque nous commençons à devenir incapables de marcher seuls, de nous asseoir ou de manger sans aide, ou même d'entendre ou de reconnaître nos proches ? Que pourrait alors faire l'État pour nous ? On pourrait même nous demander de payer nos funérailles et notre inhumation après notre mort. La Zakat, quand je peux me le permettre, est ce que je paie pour la félicité éternelle au Paradis, où il n'y a pas de crises économiques, pas de tensions raciales, pas de guerres, pas d'ouragans, pas de tempêtes de neige, pas de feux de forêt incontrôlés, pas de changement climatique, pas de virus, pas de peur, pas de dépression, pas de mort. Et cela n'a pas de prix.

 

 

Dans le même ordre d'idées, je peux me demander : pourquoi devrais-je jeûner un mois entier ? Bonne question. Mais, pour être honnête, je devrais aussi me demander : combien me coûterait un mois dans un hôtel de luxe dans un beau pays ? Que se passerait-il si je devais passer chaque année des vacances de 30 jours dans un bon hôtel ? Alors je me demande : combien serais-je prêt à payer pour un jour – juste un jour – au Paradis (après ma mort) ? Le jeûne n'est qu'un prix symbolique pour une place au Paradis !

 

 

Suivez-moi, je passe devant un cimetière. Je jette un coup d'œil. Je vois des rangées et des rangées de tombes. Des gens qui, comme moi, se posaient probablement des questions. Des gens qui, comme moi, avaient plus ou moins les mêmes aspirations et désirs, les mêmes espoirs et craintes. Et puis, un jour, tout s'est terminé. Le livre a été clos. Plus de nouvelles. Plus de demandes d'emploi. Plus de salaires. Plus de voitures. Plus de plaisirs. Rien d'autre que le silence. D'où ce rappel de « Le Vivant qui ne meurt pas » (25.58). Il nous dit, si nous voulons L'entendre : « Cette vie présente n'est qu'une jouissance temporaire, alors que l'au-delà, voilà la demeure de la stabilité. » (40.39) « La vie présente ressemble à une eau que Nous faisons descendre du ciel. La végétation de la terre, que les hommes et les bêtes consomment, s'en mêle. Puis lorsque la terre a pris sa parure et s'est embelli, et que ses habitants pensent qu'elle est à leur entière disposition, Notre ordre lui vient de nuit ou de jour ; Nous la réduisons alors en chaume comme si elle n'avait pas prospéré la veille. Ainsi exposons-Nous les preuves pour des gens qui réfléchissent. » (10.24)

 

 

Le Paradis est sans doute grand, dirais-je. Qu'en est-il de ma vie dans ce monde ? Ne puis-je pas être heureux ici aussi ? Allah dit dans le Coran : « Quiconque désire la récompense d'ici-bas, (qu'il sache que) c'est auprès d'Allah qu'est la récompense d'ici-bas et celle de l'au-delà. Allah est Audient et Clairvoyant. » (4.134) « Aucune âme ne peut mourir sans la permission d'Allah, et au terme fixé. Quiconque veut la récompense d'ici-bas, Nous lui en donnons ; et quiconque veut la récompense de l'au-delà, Nous lui en donnons ; et Nous récompenserons bientôt les reconnaissants. » (3.145) Mais le Coran me rappelle que « La récompense d'Allah est meilleure pour celui qui croit et fait le bien : seuls les endurants l'obtiendront. » (28.80) « La Demeure dernière est bien meilleure pour ceux qui craignent (Allah). Ne raisonnez-vous donc pas ? » (6.32) « Mais vous préférez plutôt la vie présente, alors que l'au-delà est meilleur et plus durable. » (87.16-17) « Quiconque désire la moisson de l'au-delà, Nous augmentons pour lui sa moisson. Et quiconque désire la moisson d'ici-bas, Nous lui en donnons (une part), mais il n'aura aucune part dans l'au-delà. » (42.20) « Et assurément, Nous avons déployé pour les gens, dans ce Coran, toutes sortes d'exemples. Mais l'homme est, plus que tout, querelleur. » (18.54)

 

 

Alors je peux poser une question de plus. Normalement, si j'ai bien compris, un bon croyant devrait être bien, bien mieux loti qu'un non-croyant, non ? En réalité, pourtant, ce n'est pas toujours le cas. Pourquoi ? Eh bien, Allah dit : « C'est Lui qui a fait de vous des successeurs sur la terre et qui a élevé certains d'entre vous au-dessus des autres par degrés, pour vous éprouver par ce qu'Il vous a donné. Certes, ton Seigneur est prompt en châtiment, et Il est certes Pardonneur et Miséricordieux. » (6.165) « Béni soit Celui dans la main de Qui est la royauté, et Il est Omnipotent. Celui qui a créé la mort et la vie afin de vous éprouver (et de savoir) qui de vous est le meilleur en œuvre, et c'est Lui le Puissant, le Pardonneur. » (67.1-2) « Et c'est Lui qui a créé les cieux et la terre en six jours – et Son Trône était sur l'eau – afin de vous éprouver pour savoir qui de vous est le meilleur en œuvre. » (11.7) « Puis Nous vous avons établis successeurs sur la terre après eux, afin de voir comment vous agiriez. » (10.14) « Vois comment Nous favorisons certains sur d'autres. Et dans l'au-delà, il y a des rangs plus élevés et plus de privilèges. » (17.21)

 

 

« Maintenant vous est venue d'Allah une lumière et un Livre explicite, par lequel Allah guide ceux qui cherchent Son agrément aux sentiers du salut. Et Il les fait sortir des ténèbres à la lumière par Sa grâce, et Il les guide vers un chemin droit. » (5.16) « Ainsi Allah vous expose Ses signes afin que vous raisonniez. » (5.89) Si je suis une personne sensée, je devrais remercier Allah pour cette précieuse lumière. Ou devrais-je peut-être envier ceux que je vois mieux lotis que moi d'une manière ou d'une autre ? Devrais-je passer le reste de ma vie à me comparer aux autres ? Dans le Coran, je lis : « La course aux richesses vous distrait, jusqu'à ce que vous visitiez les tombes. » (102.1-2) « L'homme est certes en perdition, sauf ceux qui croient et accomplissent les bonnes œuvres, et se recommandent mutuellement la vérité, et se recommandent mutuellement l'endurance. » (103.2-3)

 

 

Maintenant, qu'est-ce que signifie être heureux ? Il va sans dire que le bonheur signifie des choses différentes pour différentes personnes. Alors, comment Allah peut-il me rendre heureux ? Eh bien, je n'ai même pas besoin de poser une telle question si je pense et crois que je peux me passer d'Allah et n'avoir nul besoin de Lui. Dès l'instant où je demande ce qu'Allah peut faire pour que je sois heureux, je dois garder à l'esprit ce que je devrais donner en retour. Il devrait y avoir une sorte de pacte. Lorsque le gouvernement me verse des allocations de chômage en période de crise économique, c'est parce que moi, ou la plupart des gens dans mon pays, payons des impôts à l'État. De même, Allah peut-Il me verser des allocations de chômage hebdomadaires/mensuelles en période de grave crise économique ? Bien sûr que non. Pire, Il peut me faire perdre mon emploi et souffrir de pauvreté même en période normale où la plupart des gens sont aisés. Pourquoi ? Eh bien, ce n'est certainement pas une question de capacité.

 

 

Allah dit : « Toute âme goûtera la mort. Nous vous éprouvons par le mal et par le bien, à titre de tentation. Et c'est à Nous que vous serez ramenés. » (21.35) « À côté de la difficulté est, certes, une facilité ! À côté de la difficulté est, certes, une facilité ! » (94.5-7) « Allah accordera, après la difficulté, une facilité. » (65.7) Même la meilleure société religieuse, dirigée par le meilleur dirigeant religieux, aurait des problèmes. Les sociétés sont éprouvées tout comme les individus. Un croyant individuel peut perdre son emploi, une société (un peuple) peut souffrir de la sécheresse ou d'une crise économique. Alors, à quoi sert la religion si elle ne fait qu'ajouter à mes problèmes ? Si je pose cette question brutalement, je n'arriverai à rien. Si je la pose de bonne foi, il y a place pour la discussion. Allah dit (au Prophète (psl)) : « Tu ne savais pas ce qu'était le Livre, ni ce qu'était la foi. Mais Nous en avons fait une lumière par laquelle Nous guidons qui Nous voulons parmi Nos serviteurs. Et toi, certes, tu guides vers un chemin droit. » (42.52) « Et si Nous le voulions, Nous pourrions certes enlever ce que Nous t'avons révélé ; alors tu ne trouverais aucun protecteur contre Nous. (Ce n'est) qu'une miséricorde de ton Seigneur, car Sa grâce sur toi est grande. » (17.86-87) Cela signifie que la religion est une miséricorde, une faveur divine, pas un problème. Pourquoi Allah Se donnerait-Il la peine d'envoyer des milliers de prophètes et de messagers dans tant de langues à tant de peuples sur une longue période ? À quoi cela sert-Il pour Allah ? N'est-ce pas là un « problème » pour Allah ? Quand Allah dit : « Hélas pour Mes serviteurs ! Aucun messager ne leur venait sans qu'ils ne s'en moquent. » (36.30) « Allons-Nous vous priver du Rappel parce que vous êtes un peuple outrancier ? » (43.5), quel bien cela Lui apporterait-Il ? Oui, l'Islam dit ne fais pas ceci, ne fais pas cela. Et pourtant, beaucoup de gens n'ont pas de problème avec cela. Ils aimeraient même passer de l'Islam à l'Iman, puis à l'Ihsan. Beaucoup de gens aimeraient élever leur nafs de l'ammara à la lawama, puis à la mutma'inna. Beaucoup de gens aimeraient approcher la beauté et la grandeur à la lumière de la Parole de Dieu. Beaucoup de gens chercheraient des solutions divines plutôt que de se lamenter sur des problèmes sataniques. Mais c'est la minorité de la minorité. Allah dit : « Quiconque obéit à Allah et au Messager... ceux-là seront avec ceux qu'Allah a comblés de bienfaits : les prophètes, les véridiques, les martyrs et les vertueux. Et quels compagnons que ceux-là ! » (4.69) Voilà l'Élite, une fois de plus.

 

 

Quelqu'un peut-il atteindre ce haut niveau ? Allah dit : « Et concourez au pardon de votre Seigneur, et à un Paradis large comme les cieux et la terre, préparé pour les pieux, qui dépensent dans l'aisance et dans l'adversité, qui dominent leur rage et pardonnent à autrui – car Allah aime les bienfaisants. » (3.133-134) « Ceux qui invoquent Allah, debout, assis ou couchés sur le côté, et méditent sur la création des cieux et de la terre (disant) : "Notre Seigneur ! Tu n'as pas créé cela en vain. Gloire à Toi !" » (3.191) « Ils s'arrachent de leurs lits pour invoquer leur Seigneur avec crainte et espoir, et ils dépensent de ce que Nous leur avons attribué. » (32.16) « Les serviteurs du Tout Miséricordieux sont ceux qui marchent humblement sur terre, et qui, lorsque les ignorants s'adressent à eux, disent : "Paix" ; et ceux qui passent la nuit prosternés et debout devant leur Seigneur. » (25.63-64) « Les endurants, les véridiques, les obéissants, ceux qui dépensent (dans le sentier d'Allah) et ceux qui implorent le pardon juste avant l'aube. » (3.17) « Ceux qui sont assidus à leur prière, et sur les biens desquels il y a un droit reconnu (pour le mendiant et le déshérité). » (70.23-25) « Ou nourrir, en un jour de famine, un orphelin proche parent ou un pauvre malheureux, et être de ceux qui croient et s'enjoignent mutuellement l'endurance, et s'enjoignent mutuellement la miséricorde. » (90.14-17) « Et ils offrent la nourriture, pour l'amour de Lui, au pauvre, à l'orphelin et au prisonnier : "Nous vous nourrissons pour le Visage d'Allah. Nous ne voulons de vous ni récompense ni gratitude." » (76.8-9) « Et que ceux d'entre vous qui jouissent de la grâce et de l'aisance ne jurent pas de ne plus donner aux proches, aux pauvres et à ceux qui émigrent dans le sentier d'Allah. Qu'ils pardonnent et absolvent. N'aimez-vous pas qu'Allah vous pardonne ? Allah est Pardonneur et Miséricordieux. » (24.22)

 

 

Donc, grosso modo, tout est une question de gratitude envers Allah et de solidarité entre les humains. Les détails peuvent différer d'un verset à l'autre, mais les grandes lignes directrices sont les mêmes. « L'Ihsan », comme l'a dit le Prophète (psl), « c'est que tu adores Allah comme si tu Le voyais, car si tu ne Le vois pas, Lui te voit. » Comment puis-je traduire cela en actes ? Eh bien, le Coran a répondu à cela dans les versets ci-dessus. Voilà ce que font les muhsinoon (les bienfaisants). Mais supposons que je ne puisse pas faire cela. Pour une raison ou une autre, je ne peux pas jeûner très souvent ou adorer Allah la nuit pendant que les gens dorment, par exemple, et pourtant j'aspire à être parmi les muhsinoon. Que puis-je faire ? Eh bien, si je ne peux pas faire ce que font les muhsinoon (les bienfaisants) et les siddiqoon (les véridiques) en termes d'actes d'adoration, je ne devrais pas m'attendre à obtenir la récompense qu'ils obtiennent ou la place spéciale qu'ils ont auprès d'Allah. Jouer dans les jeux scolaires n'est pas comme jouer aux Jeux Olympiques. Cependant, je peux toujours augmenter mon Iman et me distinguer aux Yeux d'Allah. Comment ? Je dois avoir une foi solide, une foi inébranlable. Si j'entends « Y a-t-il une divinité avec Allah ? » (27.62), mon cœur dira avant ma langue NON ! Je dois être parmi ceux « qui ont cru et dont les cœurs se tranquillisent à l'évocation d'Allah. » (13.28) Cela signifie que je dois être tout sauf « anxieux », « irritable » ou « avare ». (70.19-21) Si j'ai un problème, j'implore Allah : je « L'invoque avec crainte et espoir. La miséricorde d'Allah est proche des bienfaisants. » (7.56) En plus de prier, je reste pieux envers Allah, Lui qui dit : « Et quiconque craint Allah, Il Lui donnera une issue favorable, et lui accordera Ses dons par des moyens sur lesquels il ne comptait pas. Et quiconque place sa confiance en Allah, Il lui suffit. Allah atteint ce qu'Il Se propose, et Allah a assigné une mesure à chaque chose. » (65.2-3) Si mes prières ne sont pas exaucées rapidement, je persévère et je garde espoir. « Ceux qui endurent et placent leur confiance en leur Seigneur. » (16.42)

 

 

Ce faisant, je découvre des choses que je ne peux lire que dans le Coran et le Hadith. Ce sont mes problèmes et la façon dont je les vois résolus par l'aide d'Allah, par la puissance d'Allah, par la science d'Allah, qui me montreront si cette religion parle de vérité ou de dogme. Si je n'ai pas de problème, comment pourrais-je jamais le savoir ? Allah dit : « Et quiconque craint Allah, Il lui donnera une issue favorable, et lui accordera Ses dons par des moyens sur lesquels il ne comptait pas. » (65.2-3) Qui peut expérimenter cela ? C'est mon expérience personnelle (ce que je ressens quand j'ai un problème, ce que je fais pour résoudre ce problème, comment je le fais) qui m'enseignera mieux Allah qu'aucun livre scientifique ou religieux. Voilà les signes qui affectent ma vie directement. Allah dit : « Si Allah fait que tu sois touché par un mal, nul ne peut l'écarter à part Lui. Et s'Il fait que tu sois touché par un bien, (nul ne peut le repousser) car Il est Omnipotent. » (6.17-18) « Et votre Seigneur dit : "Invoquez-Moi, Je vous exaucerai." » (40.60) « À côté de la difficulté est, certes, une facilité ! À côté de la difficulté est, certes, une facilité ! » (94.5-6) « Allah défend ceux qui croient. » (22.38) « Et quiconque craint Allah, Il lui donnera une issue favorable, et lui accordera Ses dons par des moyens sur lesquels il ne comptait pas. Et quiconque place sa confiance en Allah, Il lui suffit. Allah atteint ce qu'Il Se propose, et Allah a assigné une mesure à chaque chose. » (65.2-3) « Et tout ce que vous dépensez (dans le bien), Il vous le remplace. Et Il est le Meilleur des pourvoyeurs. » (34.39)

 

 

Si quelqu'un me parle de raison contre obscurantisme, eh bien, je lui dis qu'il y a des choses qui ne peuvent jamais être rationalisées. Si jamais vous devez vivre une véritable expérience amoureuse, par exemple, il y a de fortes chances que vous soyez confronté à des situations où la raison ne peut absolument pas aider.

 

 

Heureusement pour nous, l'Ihsan n'est pas une condition préalable au Paradis. Un musulman ordinaire qui craint Allah a droit au Paradis. L'Ihsan est une chance donnée aux croyants ambitieux qui aimeraient se distinguer par leur œuvre, exprimer leur gratitude envers Allah de la meilleure manière possible. C'est un pas de plus vers Allah, Lui qui a créé ce monde et t'a donné, à toi et à moi, une chance de vivre dans ce monde. Beaucoup de gens dans l'histoire ont commencé comme soldats de bas rang et sont ensuite devenus chefs d'armée ou même rois. C'est une question d'ambition : passer de l'Islam à l'Iman, puis à l'Ihsan. Allah dit : « Et concourez au pardon de votre Seigneur, et à un Paradis large comme les cieux et la terre, préparé pour les pieux, qui dépensent dans l'aisance et dans l'adversité, qui dominent leur rage et pardonnent à autrui – car Allah aime les bienfaisants. » (3.133-134) « La bonté pieuse ne consiste pas à tourner vos visages vers l'Orient ou l'Occident. Mais la bonté pieuse est de croire en Allah, au Jour Dernier, aux Anges, au Livre et aux prophètes, de donner de son bien, quelqu'amour qu'on en ait, aux proches, aux orphelins, aux nécessiteux, aux voyageurs indigents, à ceux qui demandent et pour affranchir les esclaves, d'accomplir la prière et d'acquitter la Zakat. Et ceux qui remplissent leurs engagements lorsqu'ils se sont engagés, et ceux qui sont endurants dans la misère, la maladie et les moments de conflit, voilà ceux qui sont véridiques, et voilà ceux qui sont pieux. » (2.177) « Ceux qui, avant eux, se sont installés dans le pays et dans la foi, aiment ceux qui émigrent vers eux, ne ressentent dans leurs cœurs aucune envie pour ce que [ces immigrés] ont reçu, et les préfèrent à eux-mêmes, même s'il y a pénurie chez eux. Quiconque est préservé de sa propre avarice, ceux-là sont ceux qui réussissent. » (59.9) « Et ils offrent la nourriture, pour l'amour de Lui, au pauvre, à l'orphelin et au prisonnier : "Nous vous nourrissons pour le Visage d'Allah. Nous ne voulons de vous ni récompense ni gratitude." » (76.8-9)

 

 

Maintenant, est-ce que je veux me distinguer aux yeux des gens ou à la vue d'Allah ? Est-ce que je veux être mentionné par les gens ou par les anges ? Est-ce que je veux être une célébrité sur terre ou une célébrité dans les cieux ? Est-ce que je crois en Allah parce que je suis sûr qu'Il est Dieu ou parce que je veux juste une divinité – qui que ce soit – pour me donner un travail ou pour me donner ceci ou cela ? Ce sont des questions essentielles ! Mon intention doit être claire et pure. Est-ce que je fais ce que je fais pour Allah, par amour pour Lui ? Si seulement ma foi initiale (mon intention) était bonne ! Allah se chargerait alors du reste. Il dit : « Et ceux qui luttent pour Notre cause, Nous les guiderons certes sur Nos sentiers. Allah est certes avec les bienfaisants. » (29.69) « Certes, Allah est avec ceux qui Le craignent et ceux qui sont bienfaisants. » (16.128) « Et ceux qui sont bien guidés, Il accroît leur guidance et leur donne leur piété. » (47.17) « Allah est le défenseur de ceux qui croient. Il les fait sortir des ténèbres à la lumière. » (2.257) « Ô vous qui croyez ! Rappelez-vous Allah d'une façon fréquente. Et glorifiez-Le matin et soir. C'est Lui qui prie sur vous, ainsi que Ses anges, afin qu'Il vous fasse sortir des ténèbres à la lumière ; et Il est Miséricordieux envers les croyants. » (33.41-43) Si je suis un pécheur, Allah me dit (et à tout le monde) : « Sauf celui qui se repent, croit et fait une bonne œuvre ; ceux-là, Allah changera leurs mauvaises actions en bonnes. Allah est Pardonneur et Miséricordieux. Et quiconque se repent et fait le bien, c'est vers Allah qu'il revient de façon sincère. » (25.70-71) Si je veux Allah, Allah me dit (et à tout le monde) : « Quiconque, donc, espère rencontrer son Seigneur, qu'il fasse de bonnes actions et qu'il n'associe dans son adoration personne à son Seigneur. » (18.110) Si j'oublie, si je faiblis de temps en temps, Allah me rappelle : « Ô homme ! Qu'est-ce qui t'a trompé au sujet de ton Seigneur, le Noble, Qui t'a créé, puis modelé et constitué harmonieusement ? Il t'a façonné dans la forme qu'Il a voulue. » (82.6-8)

 

 

Si ma foi n'est pas si bonne, si elle n'est pas pure, eh bien, Allah me donnera pourtant une autre chance, mais à travers une épreuve, peut-être deux, peut-être plus. Il dit : « L'homme ne se lasse pas d'implorer le bien, et si un mal le touche, le voilà désespéré, désolé. » (41.49) « Et si Nous lui faisons goûter une miséricorde de Notre part, après qu'une détresse l'ait touché, il dit : "Cela m'est dû ! Et je ne pense pas que l'Heure se lèvera. Et si je suis ramené vers mon Seigneur, je trouverai, près de Lui, la plus belle part." » (41.50) « Quand Nous comblons de bienfaits l'homme, il s'esquive et s'éloigne. Mais quand un mal le touche, il se livre alors à une longue prière. » (41.51) « Et si Nous faisons goûter à l'homme une miséricorde de Notre part, et qu'ensuite Nous la lui retirions, le voilà désespéré et ingrat. Et si Nous lui faisons goûter le bien-être après qu'un malheur l'ait atteint, il dit : "Les maux se sont éloignés de moi." et le voilà exultant et plein de gloriole, sauf ceux qui sont endurants et font de bonnes œuvres. Ceux-là obtiendront un pardon et une grande récompense. » (11.9-11)

 

 

Mes épreuves montreront si je veux vraiment Allah. C'est alors que je suis censé faire de mon mieux pour ne pas succomber à l'attrait des plaisirs mondains ; c'est alors que je dois montrer que je me souviens du Créateur, que je me souviens de Lui comme je me souviendrais d'un être aimé. Allah dit : « ... rappelez-vous Allah comme vous vous rappelez de vos pères, ou d'un rappel plus fervent encore. » (2.200) Mon épreuve ne sera pas forcément une difficulté. Je peux être éprouvé par un très bon travail, par une vie de famille très heureuse. Et cela peut être encore plus difficile que d'être éprouvé par une difficulté. Dans les deux cas, je dois montrer ce que je veux pour moi-même dans ce monde.

 

 

Ma croyance en Allah implique une responsabilité de ma part ; sinon je serai de ceux dont Allah a dit : « Et quand on leur dit : "Dépensez de ce qu'Allah vous a attribué", ceux qui ne croient pas disent à ceux qui croient : "Nourrirons-nous quelqu'un qu'Allah, s'Il voulait, nourrirait Lui-même ? Vous n'êtes que dans un égarement évident." » (36.47) Il y a du bien en chacun de nous. Le problème est que beaucoup d'entre nous ne veulent pas que ce bien porte ses fruits. Nous préférons le mal au bien parce que le mal est souvent plus facile que le bien. Il est plus facile de mentir que de dire la vérité, par exemple. Je peux mentir aux gens, mais à moins d'être une personne pathologiquement complexe, je ne me mentirais pas à moi-même. Je connais mes erreurs. Si ma foi est vivante, il y aura une lutte entre moi et ma conscience. C'est en fait une lutte entre mon nafs ammara et mon nafs lawama. Le simple fait que j'aie ce nafs lawama est un bon signe. C'est un signe que je me soucie de ma foi. Quand mon nafs lawama est plus fort que mon nafs ammara, que faire ? Eh bien, je sais qu'« À Allah appartient tout ce qui est dans les cieux et sur la terre. Il pardonne à qui Il veut et châtie qui Il veut. Allah est Pardonneur et Miséricordieux. » (3.129) « Allah aime les bienfaisants ; et ceux qui, ayant commis une turpitude ou causé un préjudice à leurs propres âmes, se rappellent Allah et demandent pardon pour leurs péchés – et qui pardonne les péchés sinon Allah ? – et qui ne persistent pas sciemment dans le mal qu'ils ont fait. » (3.134-135) « Ne vont-ils donc pas se repentir à Allah et implorer Son pardon ? Car Allah est Pardonneur et Miséricordieux. » (5.74) Alors j'implore le pardon d'Allah. Je sais qu'Allah est juste. Il dit : « Quiconque fait un bien fût-ce du poids d'un atome, le verra ; et quiconque fait un mal fût-ce du poids d'un atome, le verra. » (99.7-8) Alors j'implore Allah de pardonner toutes mes erreurs. C'est ainsi que je progresse sur l'échelle de ma foi. Allah dit : « Et ceux qui, ayant commis une turpitude ou causé un préjudice à leurs propres âmes, se rappellent Allah et demandent pardon pour leurs péchés – et qui pardonne les péchés sinon Allah ? – et qui ne persistent pas sciemment dans le mal qu'ils ont fait. » (3.135) « Sauf celui qui se repent, croit et fait une bonne œuvre ; ceux-là, Allah changera leurs mauvaises actions en bonnes. Allah est Pardonneur et Miséricordieux. Et quiconque se repent et fait le bien, c'est vers Allah qu'il revient de façon sincère. » (25.70-71) Allah n'attend pas de moi que je sois un ange. Allah attend d'abord de moi que je sois honnête avec moi-même. Je devrais être l'architecte de ma propre rédemption. En théorie, si je suis bon personnellement, si ma famille est bonne et mon voisinage est bon, qui pourra jamais être mauvais ? En pratique, cependant, même si toute la société est bonne, ce n'est pas une garantie que je serai bon aussi. Je dois perfectionner ma propre âme – indépendamment de ce que font les autres. Allah dit : « Et par l'âme et Celui qui l'a harmonieusement façonnée, et lui a alors inspiré son immoralité, de même que sa piété ! A réussi, certes, celui qui la purifie. Et a perdu, certes, celui qui la corrompt. » (91.7-10) Quand je vais à la mosquée, je ne trouve pas un diable qui m'empêche d'entrer ; quand quelqu'un va à la boîte de nuit, il ne trouve pas un ange qui l'empêche d'entrer. Le jugement viendra au Jour du jugement, pas maintenant.

 

 

18

 

 

 

Si Allah me donnait le pouvoir de juger les gens, que ferais-je ? Eh bien, ce n'est pas une utopie absolue. Dans un certain nombre de pays, on peut être membre d'un jury. Serais-je juste dans mon jugement, si je jugeais les gens ? Ne serais-je pas subjectif, impulsif dans mon jugement ? Allah veut que je sois honnête, exempt de contradictions, juste dans mon jugement envers moi-même d'abord. Il dit : « Quant à l'homme, lorsque son Seigneur l'éprouve en l'honorant et en le comblant de bienfaits, il dit : "Mon Seigneur m'a honoré." Mais lorsqu'Il l'éprouve en lui restreignant sa subsistance, il dit : "Mon Seigneur m'a méprisé." Mais non ! C'est vous plutôt, qui n'êtes pas généreux envers l'orphelin, qui ne vous incitez pas mutuellement à nourrir le pauvre, qui dévorez l'héritage avec une avidité vorace, et qui aimez les richesses d'un amour excessif. » (89.15-20) Si je peux être juste dans mon jugement, je devrais d'abord me juger moi-même. Si je me juge moi-même avec justice, mon nafs pourra passer de l'ammara à la lawama, puis à la mutma'inna. Quand je verse des larmes de repentir, c'est un bon signe que mon nafs est sur la bonne voie vers la réconciliation avec Allah. Quand je vois quelqu'un qui n'est pas aussi bien que moi (dans mon imagination), je devrais, au moins en principe, implorer Allah de le guider. Allah dit : « Appelle les gens au chemin de ton Seigneur par la sagesse et la belle exhortation. Et discute avec eux de la meilleure façon. Ton Seigneur connaît parfaitement celui qui s'égare de Son chemin, et Il connaît parfaitement ceux qui sont bien guidés. » (16.125) Si je suis vraiment bon, si je me considère aussi religieux, suis-je sûr de rester aussi religieux jusqu'à la fin de mes jours ? Suis-je sûr qu'untel ou untel ne deviendra pas aussi bon, voire meilleur que moi ? Un dicton marocain dit : « Combien de décharges sont devenues des mosquées et combien de mosquées sont devenues des décharges ! » D'ailleurs, suis-je sûr d'être une personne religieuse ? Allah dit : « Malheur donc à ceux qui prient tout en négligeant leur prière, qui sont pleins d'ostentation, et refusent l'ustensile (de menue aide). » (107.4-7) « Vois-tu celui qui traite de mensonge la Rétribution ? C'est bien lui qui repousse l'orphelin, et qui n'encourage pas à nourrir le pauvre. » (107.1-3) Est-ce que j'encourage à nourrir le pauvre ? Les gens religieux diraient : « Nous vous nourrissons pour le Visage d'Allah. Nous ne voulons de vous ni récompense ni gratitude. » (76.8-9) N'attends-je pas une récompense ou de la gratitude quand je fais du bien à quelqu'un ?

 

 

C'est là le genre d'éducation que l'Islam veut pour le croyant. L'Islam veut que je sois honnête avec moi-même. Je devrais, autant que possible, faire ce que je dis et dire ce que je fais. Sinon, je ne ferai que me mentir à moi-même. C'est une question de (bonne ou mauvaise) foi, une fois de plus. Allah dit : « Et celui qui thésaurise, ne thésaurise que pour lui-même. Allah est le Riche, et vous êtes les pauvres. Et si vous vous détournez, Il vous remplacera par un autre peuple, et ils ne seront pas comme vous. » (47.38) L'Islam, ce n'est pas seulement le voile ou la barbe. L'Islam concerne tous les aspects de notre vie. Allah dit : « Une parole bienveillante et un pardon valent mieux qu'une aumône suivie d'un tort. Allah est Riche et Indulgent. » (2.263) « Ô vous qui croyez ! Dépensez des bonnes choses que vous avez gagnées et de ce que Nous faisons sortir de la terre pour vous. Et ne vous tournez pas vers ce qui est mauvais pour en faire dépense, alors que vous n'accepteriez pas de le prendre pour vous-mêmes sans y mettre de la répugnance. Et sachez qu'Allah est Riche et Digne de louange. » (2.267) « Vous n'atteindrez à la piété que si vous dépensez de ce que vous aimez. Et tout ce que vous dépensez, Allah le sait parfaitement. » (3.92) « La bonté pieuse ne consiste pas à tourner vos visages vers l'Orient ou l'Occident. Mais la bonté pieuse est de croire en Allah, au Jour Dernier, aux Anges, au Livre et aux prophètes, de donner de son bien, quelqu'amour qu'on en ait, aux proches, aux orphelins, aux nécessiteux, aux voyageurs indigents, à ceux qui demandent et pour affranchir les esclaves, d'accomplir la prière et d'acquitter la Zakat. Et ceux qui remplissent leurs engagements lorsqu'ils se sont engagés, et ceux qui sont endurants dans la misère, la maladie et les moments de conflit, voilà ceux qui sont véridiques, et voilà ceux qui sont pieux. » (2.177) « Ô enfants d'Adam ! Portez votre parure dans chaque lieu de prière. Et mangez et buvez, mais ne commettez pas d'excès, car Il n'aime pas ceux qui commettent des excès. » (7.31) « Dis : "Qui a interdit la parure d'Allah, qu'Il a produite pour Ses serviteurs, ainsi que les bonnes nourritures ?" Dis : "Elles sont destinées à ceux qui ont la foi, dans la vie présente, et exclusivement à eux au Jour de la Résurrection." Ainsi exposons-Nous les signes pour des gens qui savent. » (7.32) « Tout ce qui vous a été donné n'est que jouissance de la vie présente. Mais ce qui est auprès d'Allah est meilleur et plus durable pour ceux qui croient et placent leur confiance en leur Seigneur, qui évitent les plus grands péchés et les turpitudes, et qui, lorsqu'ils sont en colère, pardonnent, qui répondent à l'appel de leur Seigneur, accomplissent la prière, se consultent entre eux à propos de leurs affaires, dépensent de ce que Nous leur avons attribué, et qui, lorsqu'ils sont victimes d'une injustice, se défendent. La sanction d'une mauvaise action est une mauvaise action identique. Mais quiconque pardonne et réconcilie, sa récompense incombe à Allah. Il n'aime pas les injustes. Et ceux qui se défendent après avoir été lésés... il n'y a pas de voie (de recours) contre eux. Il n'y a de voie (de recours) que contre ceux qui oppriment les gens et qui, sans raison, sont rebelles sur terre. Ceux-là auront un châtiment douloureux. Et celui qui endure et pardonne, cela est vraiment la marque des résolutions fermes. » (42.36-43)

 

 

« Aucune âme ne peut mourir sans la permission d'Allah, et au terme fixé. Quiconque veut la récompense d'ici-bas, Nous lui en donnons ; et quiconque veut la récompense de l'au-delà, Nous lui en donnons ; et Nous récompenserons bientôt les reconnaissants. » (3.145) « Pourquoi Allah vous infligerait-Il un châtiment si vous êtes reconnaissants et croyants ? Allah est Reconnaissant et Omniscient. » (4.147)

 

 

Les croyants forts ne sont pas intéressés à être parmi les premiers quand le bonheur est distribué dans ce monde, ni ne sont avides d'être parmi les premiers quand les cieux sont distribués dans l'au-delà. Et pourtant, les croyants forts ont le yaqine (la foi inébranlable) qu'Allah ne les décevra pas, quelle que soit la durée et la dureté de leur épreuve. Leur définition du bonheur est différente de celle de la plupart des gens. Ils croient que « le plus misérable » est « celui qui a dénié et s'est détourné. » (92.15-16) Allah a dit au Prophète Muhammad (psl) : « Nous ne t'avons pas révélé le Coran pour que tu sois malheureux. » (20.2) Et à tous les croyants, Allah dit dans la même sourate : « Quiconque suit Ma guidée ne s'égarera ni ne sera malheureux. » (20.123) Ainsi, ces gens, les croyants forts, qui ont le yaqine, sont prêts à endurer les difficultés pendant des décennies, si nécessaire. Ils endurent et surpassent tout le monde en endurance, en patience, et ils sont prêts à attendre (jusqu'à la fin de leur vie) de voir le salut. Ces gens adorent Allah pour ce qu'Il est, non pour ce qu'Il a. Cela n'a pas commencé avec l'Islam, d'ailleurs. Allah dit dans le Coran : « Parmi les gens du Livre, il y a une communauté droite qui, aux heures de la nuit, récite les versets d'Allah en se prosternant. Ils croient en Allah et au Jour Dernier, ordonnent le convenable, interdisent le blâmable et concourent aux bonnes œuvres. Ceux-là sont parmi les vertueux. Et tout ce qu'ils font de bien, il ne leur sera pas dénié. Allah connaît bien les pieux. » (3.113-115) « Ceux à qui Nous avons apporté le Livre avant lui, y croient. Et quand on le leur récite, ils disent : "Nous y croyons. C'est la vérité venant de notre Seigneur. Nous étions déjà soumis avant lui." Voilà ceux qui recevront deux fois leur récompense pour leur endurance, parce qu'ils repoussent le mal par le bien et qu'ils dépensent de ce que Nous leur avons attribué, et lorsqu'ils entendent des futilités, ils s'en détournent et disent : "À nous nos œuvres, et à vous vos œuvres. Paix sur vous. Nous ne recherchons pas les ignorants." » (28.52-55) « Tu ne guides pas celui que tu aimes, mais Allah guide qui Il veut. Il connaît mieux ceux qui sont bien guidés. » (28.56) Mais Allah est « le Bienveillant, le Miséricordieux » (52.28) « Allah est certes Omniscient et Grand Connaisseur. » (4.35) Il sait que la vie dans ce monde ne peut être soutenue si tous les croyants, quel que soit leur nombre, sont privés et souffrants. Il faut assez de main-d'œuvre et d'argent pour faire tourner l'économie et maintenir la paix sociale. Ainsi, même dans une société musulmane (qu'elle soit pieuse ou dépravée), on voit que la plupart des gens mènent une vie plus ou moins normale. En vérité, Allah n'aimerait pas voir les Musulmans dans un état misérable. (Il se vante d'eux auprès des anges.) Donc la plupart des gens travaillent, se marient, ont des enfants, construisent des maisons, font des affaires normalement, etc. Et comme dans toutes les sociétés, il y a une petite minorité qui souffrira de certaines privations même en temps normal – quand il n'y a ni guerre, ni crise économique. Alors, pour les croyants qui se retrouvent dans cette malheureuse minorité, c'est-à-dire face à l'adversité, le Coran se présente comme un rappel attentionné (un rempart, si l'on veut) contre le désespoir et la dépression.

 

 

Quand Ibrahim (psl) s'est marié, dans sa jeunesse, ni lui ni sa femme n'ont choisi d'être sans enfants. Quand il eut deux fils, à un âge très avancé, l'un devint le guide spirituel des Arabes, l'autre devint l'ancêtre des prophètes et des rois. Mais « l'homme a été créé impatient. » (17.11) « Et ne dis jamais, à propos d'une chose : "Je la ferai demain", sans (ajouter) : "Si Allah le veut." Et invoque ton Seigneur quand tu oublies, et dis : "Il se peut que mon Seigneur me guide vers une voie plus droite que cela." » (18.23-24)

 

 

Ces gens autour d'Ibrahim (psl) n'étaient en rien meilleurs que lui, et pourtant la plupart n'avaient pas ce problème. Ibrahim (psl) continua à prier car un tel problème a des répercussions émotionnelles, si ce n'est pour quelqu'un comme lui, du moins pour sa femme – ou pour tout autre parent normal qui souhaite avoir un enfant. Mais Ibrahim (psl) n'a conditionné son adoration d'Allah à rien. Il adorait Allah avec une dévotion sincère. Allah dit : « Abraham était un guide (ou une nation) soumis à Allah, voué exclusivement à Lui, et il n'était point du nombre des associateurs. » (16.120) Lui, Ibrahim, à lui seul, valait une nation, à cause de la qualité et de la quantité de son adoration d'Allah !

 

 

Pourquoi Ibrahim ? Eh bien, Allah a appelé notre prophète (psl) à suivre la croyance d'Ibrahim. Il lui a dit : « Suis la religion d'Abraham, qui était voué exclusivement à Allah et n'était point du nombre des associateurs. » (16.123) Et à tous les Musulmans, Il dit : « Et luttez pour Allah avec tout l'effort qu'Il mérite. C'est Lui qui vous a élus et ne vous a imposé aucune gêne dans la religion, la religion de votre père Abraham. C'est Lui qui vous a nommés "Musulmans" auparavant (dans les Écritures précédentes) et dans ceci (le Coran), afin que le Messager soit témoin contre vous, et que vous soyez témoins contre les gens. Accomplissez donc la prière, acquittez la Zakat et attachez-vous fortement à Allah. C'est Lui votre Maître. Quel excellent Maître et quel excellent Soutien ! » (22.78)

 

 

Ce qui arrive à beaucoup d'entre nous, c'est que notre foi s'affaiblit dès que nous avons l'impression qu'Allah ne se soucie pas de nous. En même temps, certains d'entre nous cessent de se soucier d'Allah dès qu'ils sentent qu'ils ont tout ce qu'ils voulaient. Allah dit : « Et parmi les hommes, il en est qui adore Allah avec hésitation : s'il lui arrive un bien, il s'en rassure ; mais s'il lui arrive une tentation (une épreuve), il retourne à son ancienne attitude. Il perd ainsi et la vie présente et la vie future. Telle est la perte évidente. » (22.11) « Quiconque prend Satan pour allié en dehors d'Allah est, certes, voué à une perte manifeste. » (4.119) « Est-ce donc en de vaines faussetés qu'ils croient et sont-ils ingrats envers les bienfaits d'Allah ? » (16.72) « Tout ce que vous avez comme bienfait provient d'Allah. Puis quand un malheur vous touche, c'est Lui que vous implorez. » (16.53) « Mais la plupart des gens ne croient pas. » (40.59) « Dis : "Qui vous délivre des ténèbres de la terre et de la mer ?" Vous L'invoquez humblement et en secret : "S'Il nous délivre de ceci, nous serons parmi les reconnaissants." Dis : "C'est Allah qui vous en délivre ainsi que de toute angoisse. Pourtant, vous Lui donnez des associés." Dis : "Il est capable de susciter contre vous un châtiment d'en haut ou de dessous vos pieds, ou de vous confondre dans la discorde en vous faisant goûter la violence des uns contre les autres." Vois comment Nous exposons les signes pour qu'ils comprennent. » (6.63-65) « Allah est plein de grâce envers les hommes, mais la plupart des gens ne sont pas reconnaissants. » (40.61)

 

 

D'autres pensent que s'ils adorent Allah « plus fort », ils obtiendront ce qu'ils veulent plus tôt. Ils commencent à considérer ce qui est louable comme obligatoire et ce qui est blâmable comme illicite (haram). Ils deviennent trop rigides et impulsifs pour voir leur tort. Ils exhortent les autres à faire comme eux. Et quand ils rencontrent des problèmes, ils rejettent la faute sur quelqu'un d'autre. Allah dit : « C'est Lui qui vous a élus et ne vous a imposé aucune gêne dans la religion, la religion de votre père Abraham. » (22.78) « Craignez donc Allah autant que vous le pouvez. Écoutez, obéissez et dépensez (dans le bien) : cela est meilleur pour vous-mêmes. Et quiconque est préservé de sa propre avarice, ceux-là sont ceux qui réussissent. » (64.16) « Pourquoi Allah vous infligerait-Il un châtiment si vous êtes reconnaissants et croyants ? Allah est Reconnaissant et Omniscient. » (4.147)

 

 

Les premiers Musulmans n'ont pas embrassé l'Islam pour améliorer leur vie. Ils ont embrassé l'Islam parce qu'ils croyaient que c'était la Vérité. Ils ont cru et puis ont dit : « Allah nous suffit. Allah nous donnera de Sa grâce, ainsi que Son messager. C'est vers Allah que nous nous tournons avec ferveur. » (9.59) « Allah leur donna donc la récompense d'ici-bas et la belle récompense de l'au-delà. Allah aime les bienfaisants. » (3.148)

 

 

Dans le Hadith, nous lisons : « Quiconque possède les trois qualités suivantes goûtera la douceur (la saveur) de la foi : 1. Celui pour qui Allah et Son messager deviennent plus chers que tout le reste. 2. Celui qui aime une personne et ne l'aime que pour Allah. 3. Celui qui déteste retourner à l'athéisme (la mécréance) comme il détesterait être jeté dans le feu. » Est-ce que tous les gens se soucient de « la douceur de la foi » ? « Et ceux qui ont mécru disent de ceux qui ont cru : "Si ceci était un bien, ils (les pauvres) ne nous y auraient pas devancés." Et parce qu'ils ne se laissent pas guider par lui, ils diront : "Ce n'est qu'un vieux mensonge." » (46.11) Pour ces gens, c'est un mensonge que l'aumône doive être prise des riches pour aider les pauvres. Pour eux, c'est « chacun pour soi ».

Au final, chacun pense comme il veut. À ceux qui croient, le Coran dit : « Les vertueux boiront d'une coupe dont le mélange sera de camphre, d'une source de laquelle boivent les serviteurs d'Allah, la faisant jaillir en abondance. (Ceux-là) accomplissent leurs vœux et redoutent un jour dont le mal s'étendra partout, et offrent la nourriture, pour l'amour de Lui, au pauvre, à l'orphelin et au prisonnier : "Nous vous nourrissons pour le Visage d'Allah. Nous ne voulons de vous ni récompense ni gratitude. Nous redoutons, de notre Seigneur, un jour terrible et catastrophique." Allah les protégera donc du mal de ce jour-là, et leur fera rencontrer la splendeur et la joie, et les récompensera pour ce qu'ils ont enduré, en leur donnant un Jardin et des (vêtements de) soie. Ils y seront accoudés sur des divans, n'y voyant ni soleil ni grand froid. Ses ombres les couvriront de près, et ses fruits seront inclinés bien bas (à portée de main). On fera circuler parmi eux des vases d'argent et des coupes cristallines, cristallines d'argent, dont ils détermineront le contenu. Et ils seront abreuvés d'une coupe dont le mélange sera de gingembre, puisé là-bas à une source nommée Salsabil. Et parmi eux, circuleront des jeunes gens éternellement jeunes. Quand tu les verras, tu les prendras pour des perles éparpillées. Et quand tu regarderas là-bas, tu verras un délice et un vaste royaume. Ils porteront des vêtements verts de satin et de brocart. Ils seront parés de bracelets d'argent. Et leur Seigneur les abreuvera d'une boisson très pure. "Ceci est une récompense pour vous. Et votre effort a été reconnu." » (76.5-22)

 

 

 

19

 

 

 

Allah dit : « Et Nous avons fait de l'eau toute chose vivante. » (21.30) « Dis : "Voyez-vous : si votre eau était absorbée au plus profond de la terre, qui donc vous apporterait de l'eau jaillissante ?" » (67.30) « Et Nous envoyons les vents comme fécondants, et Nous faisons descendre du ciel une eau dont Nous vous abreuvons. Ce n'est pas vous qui en êtes les gardiens. » (15.22) Ces versets ne font que nous rappeler ce que nous savons déjà tous. Le manque d'eau tue. La sécheresse provoque d'immenses incendies. Allah dit : « Et fait descendre des nuages une eau abondante, pour faire pousser par elle grains et plantes, et des jardins luxuriants. » (78.14-16) Jusqu'à ce jour, l'homme a été incapable de résoudre le problème de la sécheresse. Des ingénieurs ont bombardé les nuages, mais apparemment cela n'a pas fonctionné. Il faut plus que bombarder mille nuages pour remplir une rivière ou sauver une forêt d'un incendie imminent. Et quand il pleut enfin, il y a le risque d'inondations et de glissements de terrain.

 

 

Allah dit aussi : « Allah retient les cieux et la terre pour qu'ils ne s'affaissent pas. Et s'ils s'affaissaient, nul autre après Lui ne pourrait les retenir. Il est Indulgent et Pardonneur. » (35.41) « Il retient le ciel de tomber sur la terre, sauf quand Il le permettra. Allah est, pour les hommes, Compatissant et Miséricordieux. » (22.65) Cela peut sembler hautement improbable pour un scientifique non-croyant, mais pas totalement impossible pour un croyant ordinaire comme moi. Tout ce que je sais, c'est qu'en février 2013, un millier de personnes ont été blessées après la chute d'une météorite en Russie, qui dispose pourtant d'un programme spatial avancé. Oui, je concède que c'est rare et pas si dangereux, mais devrais-je attendre que le ciel me tombe sur la tête pour croire ? Beaucoup de gens ne se sont jamais souciés des feux de forêt ou des inondations jusqu'au jour où ils se sont retrouvés encerclés ou forcés de fuir par le danger. Allah dit aussi : « Et de tous les fruits, Il a établi deux éléments de couple. » (13.3) Je ne suis pas un scientifique pour vérifier cela. Alors, dois-je savoir ou croire ? La connaissance scientifique n'est pas statique. Beaucoup de choses qui sont évidentes aujourd'hui étaient inconnues il y a un siècle.

 

 

Allah dit aussi : « Que l'homme considère donc sa nourriture : C'est Nous qui versons l'eau en abondance, puis Nous fendons la terre par fissures, et y faisons pousser grains, vignobles et légumes, oliviers et palmiers, jardins touffus, fruits et herbages, pour votre jouissance et celle de vos bestiaux. » (80.23-32) « Voyez-vous ce que vous labourez ? Est-ce vous qui le cultivez, ou sommes-Nous le cultivateur ? Si Nous voulions, Nous le réduirions en débris. Alors vous ne cesseriez pas de vous lamenter : "Nous voilà endettés ! Nous sommes plutôt privés de tout." Voyez-vous l'eau que vous buvez ? Est-ce vous qui la faites descendre des nuages, ou sommes-Nous celui qui la fait descendre ? Si Nous voulions, Nous la rendrions salée. Pourquoi n'êtes-vous donc pas reconnaissants ? » (56.63-70) Que puis-je dire à ce sujet ? Nous, les humains, prenons beaucoup de choses pour acquises. Allah dit : « C'est Lui qui a fait pour vous la terre soumise. Parcourez donc ses vastes espaces et mangez de ce qu'Il vous accorde. » (67.15) Nous avons vu comment les gens se déplacent dans l'espace. Ils ne peuvent pas marcher comme sur terre.

 

 

Allah dit : « L'homme est, plus que tout, querelleur. » (18.54) Il est facile de discuter avec Allah parce qu'Allah ne va pas discuter avec vous MAINTENANT. Mais Allah n'est pas mort. Il est « le Vivant qui ne meurt pas. » (25.58) Pour Allah, les vrais morts sont ceux qui veulent discuter avec Lui. Il dit : « Celui qui était mort et que Nous avons ramené à la vie, et à qui Nous avons assigné une lumière grâce à laquelle il marche parmi les gens, est-il semblable à celui qui est dans les ténèbres sans pouvoir en sortir ? Ainsi on a embelli aux mécréants ce qu'ils faisaient. » (6.122) Tout comme Allah ravive la terre après sa mort, Il ravive les âmes des hommes et des femmes qui soudain ressentent la lumière de la sagesse. Allah dit : « C'est Lui qui, du ciel, a fait descendre de l'eau. Puis, par elle, Nous faisons germer toute plante, de quoi Nous faisons sortir une verdure, d'où Nous produisons des grains, superposés les uns sur les autres. Et du palmier, de sa spathe, des régimes de dattes qui se tendent. Et aussi des jardins de raisins, et l'olivier et le grenadier, similaires ou non différents. Regardez leurs fruits au moment de leur fructification et à leur maturité. Voilà bien des signes pour des gens qui croient. » (6.99) Des « signes » « pour des gens qui croient ». Je crois d'abord, puis je cherche les signes. Allah dit : « Et sur la terre, il y a des parcelles voisines les unes des autres, des jardins de vignes, des céréales, des palmiers en touffes ou espacés, arrosés de la même eau. Nous rendons supérieurs les uns aux autres quant au goût. Voilà bien des signes pour des gens qui raisonnent. » (13.4) Comment puis-je être de ceux qui raisonnent si je ne réfléchis pas à ce qui se passe autour de moi ? Tu sais, des températures élevées peuvent brûler beaucoup, beaucoup de gens, y compris les nantis et les doués, ainsi que leurs maisons, en quelques jours à peine. Allah dit : « Aux croyants et aux croyantes, Allah a promis des Jardins sous lesquels coulent les ruisseaux, pour qu'ils y demeurent éternellement, et des demeures agréables dans les jardins d'Éden. Et un agrément d'Allah est plus grand encore. Voilà l'immense succès. » (9.72) À propos du Paradis aussi, Allah dit : « Ils y seront accoudés sur des divans, n'y voyant ni soleil ni grand froid. » (76.13) Comment pourrais-je, en tant que croyant, ressentir l'importance de ce dernier élément de description si je n'ai pas ressenti la différence entre la chaleur et le froid ? Allah dit : « Ni l'ombre (fraîche) n'est pareille à la chaleur ardente. » (35.21) Marcher à l'ombre est-il comme marcher en plein soleil brûlant ? Un bon croyant sait que l'ombre est un grand don d'Allah. Un bon croyant remercierait Allah pour la simple vue ou l'odeur d'un fruit, sans parler de le manger ! Dans le Coran, nous lisons : « Nul ne peut te donner des nouvelles comme Celui qui est Parfaitement Connaisseur. » (35.14) « Celui qui sait que ce qui t'est révélé de la part de ton Seigneur est la vérité, est-il semblable à celui qui est aveugle ? Seuls les gens doués d'intelligence réfléchissent. » (13.19) « Parmi Ses serviteurs, seuls les savants craignent Allah. Allah est Puissant et Pardonneur. » (35.28) Ceux-là sont la minorité de la minorité : ceux « qui croient et accomplissent les bonnes œuvres : ceux-là sont les meilleurs de la création. […] Allah est satisfait d'eux, et ils sont satisfaits de Lui. Voilà pour celui qui craint son Seigneur. » (98.7-8)

 

 

Que puis-je comprendre du verset qui dit : « Dis : "Mon Seigneur ne Se soucie pas de vous si ce n'est pour votre invocation." » (25.77) Eh bien, si j'y réfléchis un peu, en tant que croyant, je remarquerai que les non-croyants produisent les bonnes choses pour les croyants dans cette vie. La plupart des croyants n'obtiennent qu'une fraction de toute cette production, mais même l'estomac d'une personne riche ne peut contenir que quelques kilos de nourriture ! Dans l'au-delà, seuls les croyants trouveront les bonnes choses ; personne ne produira de telles choses pour les non-croyants en Enfer. Allah Lui-même dit : « Peu de Mes serviteurs sont reconnaissants. » (34.13) Allah sait que les gens qui se soucient vraiment de Lui sont peu nombreux par rapport au nombre total. Et pourtant, Il fait souffrir ces quelques-uns ! Il les prive de choses qu'ils aiment. Allah dit : « Il y a vraiment là des preuves pour tout homme plein d'endurance et de reconnaissance. » (31.31) Et ceux-là ne sont pas très nombreux.

 

 

Pourquoi Allah n'a-t-Il pas « peur » de perdre cette minorité de la minorité ? Eh bien, parce qu'Il sait qu'ils sont honnêtes et intelligents. Ils ont « des cœurs pour comprendre et des oreilles pour entendre. Car ce ne sont pas les yeux qui s'aveuglent, mais ce sont les cœurs dans les poitrines qui s'aveuglent. » (22.46) Et donc ils ne peuvent que L'aimer. Il sait que, quoi qu'il leur arrive, ils seront patients et, par-dessus tout, RECONNAISSANTS ! Pour eux, ce n'est qu'un bon signe qu'ils sont sur la bonne voie. Dans le Hadith, nous lisons : « Celui pour qui Allah veut le bien, Il l'éprouve par l'adversité. » Et dans le Coran : ils sont décrits comme ceux « dont les cœurs frémissent quand le nom d'Allah est mentionné, qui endurent ce qui les frappe, accomplissent la prière et dépensent de ce que Nous leur avons attribué. » (22.35) Ces gens tirent une réelle satisfaction de se souvenir d'Allah en tout temps. Cela fait partie de leur « récompense » dans ce monde. Et dans l'au-delà, ils obtiendront « une hospitalité de la part de leur Seigneur. Ce qui est auprès d'Allah est meilleur pour les pieux. » (3.198) « Ceux qui croient et font de bonnes œuvres auront pour hospitalité les jardins du Paradis. » (18.107) « Y a-t-il d'autre récompense pour le bien que le bien ? » (55.60)

 

 

C'est pourquoi Allah a établi des normes générales (pour régir le monde) pour le bien de cette population spécifique. Les gens se marient et jouissent de la vie génération après génération et, ce faisant, quelques âmes naissent à chaque génération et se distinguent par leur cœur pour rejoindre le club chanceux de « tout homme plein d'endurance et de reconnaissance. Ceux qui endurent et placent leur confiance en leur Seigneur. » (16.42)

 

 

Allah n'est pas impulsif. Il sait ce qu'Il fait. Il dit : « Pensiez-vous que Nous vous avions créés sans but, et que vous ne seriez pas ramenés vers Nous ? » (23.115) « L'homme pense-t-il qu'on le laissera sans obligation à remplir ? N'était-il pas une goutte de sperme éjaculée ? Puis une adhérence ; puis Il l'a créé et formé harmonieusement ; puis Il en a fait les deux éléments de couple, le mâle et la femelle. Celui qui a fait cela n'est-Il pas capable de rendre la vie aux morts ? » (75.36-40) Combien de gens s'en soucient ? Allah dit : « Ne voyez-vous pas qu'Allah vous a soumis ce qui est dans les cieux et sur la terre, et qu'Il a répandu sur vous Ses bienfaits, apparents et cachés ? » (31.20) « Et Il vous a accordé de tout ce que vous Lui avez demandé. Et si vous comptiez les bienfaits d'Allah, vous ne sauriez les dénombrer. L'homme est vraiment très injuste, très ingrat. » (14.34) Allah a-t-Il fait tout cela juste pour que nous jouissions dans ce monde, juste pour que nous jouions, chantions, dansions et dormions... ? Non, Allah dit : « Ceux qui ont mécru aimeraient parfois être Musulmans. Laisse-les manger et jouir, et sois-leur la proie de l'espoir ; bientôt ils sauront ! » (15.2-3) « Et Nous n'avons pas créé le ciel et la terre et ce qui est entre eux en vain. Telle est la pensée de ceux qui ont mécru. » (38.27) Les bons croyants « donnent ce qu'ils donnent, le cœur rempli de crainte parce qu'ils retourneront vers leur Seigneur. » (23.60) parce qu'ils tiennent Allah en haute estime. Ils savent que « Le tonnerre Le glorifie par Sa louange, et aussi les anges, sous l'effet de Sa crainte. » (13.13) Ils savent que « si tous les arbres de la terre se transformaient en calames, et si l'océan était de l'encre, renforcé par sept autres océans, les paroles d'Allah ne s'épuiseraient pas. » (31.27) « Allah, le Maître des voies d'ascension. Vers Lui montent les anges et l'Esprit, en un jour dont la durée est de cinquante mille ans. » (70.3-4) Ces gens savent que « tous ceux qui sont dans les cieux et la terre célèbrent la gloire d'Allah, de même que les oiseaux déployant leurs ailes. Chacun, certes, sait sa prière et sa glorification. Et Allah sait parfaitement ce qu'ils font. » (24.41) « Les sept cieux et la terre et ceux qui s'y trouvent, célèbrent Sa gloire. Et il n'y a pas une chose qui ne célèbre Sa gloire et Ses louanges. Mais vous ne comprenez pas leur glorification. Il est Indulgent et Pardonneur. » (17.44)

 

 

Dans le Coran, nous lisons : « Allah, c'est Lui qui a créé les cieux et la terre, et qui a fait descendre du ciel une eau, par laquelle Il a fait sortir des fruits pour vous nourrir. Il a soumis à votre service les vaisseaux qui, par Son ordre, voguent sur la mer. Il a soumis à votre service les rivières. Il a soumis à votre service le soleil et la lune, animés d'un mouvement perpétuel. Il a soumis à votre service la nuit et le jour. Il vous a accordé de tout ce que vous Lui avez demandé. Et si vous comptiez les bienfaits d'Allah, vous ne sauriez les dénombrer. L'homme est vraiment très injuste, très ingrat. » (14.32-34) « Ne voyez-vous pas qu'Allah vous a soumis ce qui est dans les cieux et sur la terre, et qu'Il a répandu sur vous Ses bienfaits, apparents et cachés ? » (31.20) Pourquoi tout cela ? Juste pour que nous jouions, chantions, dansions et dormions ?

 

 

« L'Heure du jugement des hommes approche, alors que, dans leur insouciance, ils s'en détournent. » (21.1) Les catastrophes me préviennent chaque jour. Pense simplement à la sécheresse et au manque d'eau, entre autres. Comment ne pas craindre ? Allah dit : « Si Allah s'en prenait aux hommes pour ce qu'ils acquièrent, Il ne laisserait à la surface (de la terre) aucun être vivant. Mais Il leur donne un délai jusqu'à un terme fixé. Puis quand leur terme viendra... (Il se rappellera) que Allah est vraiment Clairvoyant sur Ses serviteurs. » (35.45) « Nous leur avons apporté un Livre que Nous avons détaillé en toute connaissance, à titre de guide et de miséricorde pour des gens qui croient. » (7.52) « Et Nous avons rendu le Coran facile à méditer. Y a-t-il quelqu'un pour réfléchir ? » (54.17) « Ne méditent-ils donc pas sur le Coran ? Ou y a-t-il des cadenas sur leurs cœurs ? » (47.24) « Ô vous qui croyez ! Rappelez-vous Allah d'une façon fréquente. Et glorifiez-Le matin et soir. C'est Lui qui prie sur vous, ainsi que Ses anges, afin qu'Il vous fasse sortir des ténèbres à la lumière ; et Il est Miséricordieux envers les croyants. » (33.41-43) « Allah administre l'ordre depuis le ciel jusqu'à la terre ; ensuite cet ordre monte vers Lui en un jour équivalant à mille ans de votre calcul. » (32.5) « Ceux qui sont dans les cieux et sur la terre L'implorent. Chaque jour, Il est à une œuvre. » (55.29)

 

 

Vais-je vivre éternellement dans ce monde ? Que ferais-je si je découvrais, à ma mort, que je n'ai fait que gaspiller ma vie ? Allah dit : « Nous les avertissons, mais cela ne fait qu'accroître leur aversion. » (17.60) « Tu n'es qu'un avertisseur pour celui qui la craint. » (79.45) Je ne suis pas né de la dernière pluie. Je sais ce qui se passe dans ce monde. Je sais que des gens se suicident dans des pays riches et beaux. Les gens deviennent dépressifs malgré leur aisance financière. Les gens perdent facilement la foi. Les gens se sentent seuls dans des maisons où tout est disponible. Les gens prennent des drogues pour oublier leurs problèmes inoubliables.

 

 

Nous sommes tous les hôtes d'Allah sur cette terre. Que nous le voulions ou non, la terre appartient à Allah seul, Qui agit comme Il Lui plaît. Il est « L'Impitoyable envers les infidèles » ? Non. Il est « Celui qui fait ce qu'Il veut. » (85.16) Allah était là avant que nous n'existions et Il sera là après notre départ. Supposons que quelqu'un mette sa maison à ma disposition et dise : faites comme chez vous, servez-vous, vous le valez bien ! Est-ce que cela signifierait que cette maison est à moi ? Je sais que je ne suis venu qu'après Allah seul sait combien de générations qui avaient toutes à peu près les mêmes rêves et désirs, et que je partirai aussi un jour. « C'est à Allah qu'appartient l'héritage des cieux et de la terre. » (3.180) « N'est-ce pas pour eux un guide que de savoir combien de générations, avant eux, Nous avons fait périr, dans les demeures desquelles ils marchent ? Voilà bien des signes ! N'entendront-ils donc pas ? » (32.26) Mais Allah dit aussi : « Voilà une génération révolue. Elle aura ce qu'elle a acquis et vous aurez ce que vous avez acquis. On ne vous demandera pas compte de ce qu'ils faisaient. » (2.134) « Puis Nous vous avons établis successeurs sur la terre après eux, afin de voir comment vous agiriez. » (10.14)

 

 

La question est : où allons-nous à partir de là ? Les générations précédentes nous ont laissé un héritage en partie rouge (comme le feu), en partie vert (comme la prairie). Les États membres de l'Union européenne, par exemple, envisagent une interdiction totale de la vente de nouvelles voitures diesel et essence d'ici 2035. C'est parce que tout le monde a pris conscience des dangers de la pollution atmosphérique. On n'a pas besoin d'être un intellectuel pour remarquer que notre prospérité (fruit de notre développement effréné) a eu des effets secondaires. Nous savons tous que chacun de nous est en partie responsable de ce qui est arrivé à notre planète. La déforestation, la surexploitation des pêcheries, la corruption, etc., sont les résultats de notre propre avidité. Nos dirigeants ont compris tardivement qu'aucun pays, aucun continent ne peut résoudre seul de tels problèmes. D'où cette multitude de sommets mondiaux sur ceci et cela. Ce n'est que maintenant que nous sommes convaincus que tous les Hommes ne font qu'un. Allah a été le premier à s'adresser aux hommes comme à un seul être. Il dit : « C'est Lui qui vous a créés d'une personne unique, et vous avez droit à une demeure et à un dépôt. Nous avons exposé les signes pour des gens qui comprennent. » (6.98) « Ô hommes ! Craignez votre Seigneur qui vous a créés d'un seul être, et a créé de celui-ci son épouse, et de ces deux-là, a fait se répandre beaucoup d'hommes et de femmes. » (4.1) « Et Nous ne t'avons envoyé qu'en tant qu'annonciateur et avertisseur pour toute l'humanité. Mais la plupart des gens ne savent pas. » (34.28) « À Allah appartiennent l'Orient et l'Occident. Où que vous vous tourniez, là est la Face d'Allah. Allah est Immense et Omniscient. » (2.115) Ce qui est étonnant, cependant, c'est que l'homme a reconnu son « péché » perpétré contre cette terre ; il a reconnu sa faiblesse ; il a reconnu sa responsabilité envers les générations futures… mais combien d'hommes ont reconnu le rôle d'Allah dans nos vies ? Allah dit : « La corruption est apparue sur la terre et dans la mer à cause de ce que les mains des gens ont commis, afin qu'Il leur fasse goûter une partie de ce qu'ils ont fait, peut-être reviendront-ils. » (30.41) Combien d'hommes sont prêts « à revenir » ? Combien d'hommes sont prêts à écouter Allah, Qui dit : « Allah est Plein de bonté envers les hommes, mais la plupart des gens ne sont pas reconnaissants. » (2.243) Même ceux qui, comme moi, prétendent écouter Allah, eh bien, écoutons ce qu'Allah dit à leur sujet : « Ô vous qui croyez ! Ne suivez pas les pas du Diable. Quiconque suit les pas du Diable, (celui-ci) ordonne la turpitude et le blâmable. Et sans la grâce d'Allah envers vous et Sa miséricorde, nul d'entre vous ne serait jamais pur. Mais Allah purifie qui Il veut. Allah est Audient et Omniscient. » (24.21) « Et c'est ainsi que Nous t'avons révélé un esprit émanant de Notre ordre. Tu ne savais pas ce qu'était le Livre, ni ce qu'était la foi. Mais Nous en avons fait une lumière par laquelle Nous guidons qui Nous voulons parmi Nos serviteurs. Et toi, certes, tu guides vers un chemin droit. » (42.52) « Et si Nous le voulions, Nous pourrions certes enlever ce que Nous t'avons révélé ; alors tu ne trouverais aucun protecteur contre Nous. (Ce n'est) qu'une miséricorde de ton Seigneur, car Sa grâce sur toi est grande. » (17.86-87)

 

 

Allah a dit au Prophète (psl) : « Nous ne t'avons envoyé que comme miséricorde pour l'univers. » (21.107) Allah veut la miséricorde pour nous tous. Est-ce qu'une brigade de pompiers au monde peut éteindre un immense feu de forêt si Allah ne les aide pas avec la pluie ? Allah dit : « C'est Lui qui fait descendre la pluie bienfaisante après qu'ils en ont désespéré, et qui répand Sa miséricorde. C'est Lui le Protecteur, le Digne de louange. » (42.28) Nos dirigeants peuvent être bons et compétents, mais ils ne peuvent pas remplacer Allah. Allah dit : « Et la terre, Il l'a assignée à (toute) la création. » (55.10) C'est-à-dire à l'humanité. Certains de nos dirigeants érigent toutes sortes de murs et de clôtures aux frontières et imposent des visas. Pourquoi ? Eh bien, chaque dirigeant craint pour son cher pays. C'est compréhensible. Si j'étais à leur place, je ferais probablement de même. Allah n'a pas « peur » pour Son Royaume. « À Lui appartient tout ce qui est dans les cieux et sur la terre. Allah est certes le Riche, le Digne de louange. » (22.64) « À Lui appartiennent tous ceux qui sont dans les cieux et sur la terre : tous Lui sont obéissants. » (30.26) Le problème est que certains de nos dirigeants nous donnent l'impression qu'ils peuvent nous donner tout ce que nous voulons, qu'ils sont les maîtres de ce monde. Eh bien, c'est discutable. De plus, la première chose à laquelle un dirigeant pense avant de se coucher, ce sont ses mémoires. Allah n'a pas besoin de mémoires. Allah dit : « Détiennent-ils les trésors de ton Seigneur ? Ou sont-ils les maîtres souverains ? » (52.37) « Ou bien ont-ils les trésors de la miséricorde de ton Seigneur, le Puissant, le Donateur ? » (38.9) Il dit même : « Ceux que vous invoquez en dehors de Lui ne possèdent même pas la pellicule d'un noyau de datte. » (35.13) Et c'est vrai. Si les dirigeants du passé avaient possédé « la pellicule d'un noyau de datte », aucun empire ne serait tombé, aucune crise économique n'aurait déchiré les sociétés. « Béni soit Celui dans la main de Qui est la royauté, et Il est Omnipotent. » (67.1) Que je croie cela ou non, Allah dit : « Invoquez ceux que vous prétendez (être des divinités) en dehors d'Allah. Ils ne possèdent pas le poids d'un atome dans les cieux ni sur la terre. Ils n'ont aucune part dans leur création, et Il n'a point parmi eux de soutien. » (34.22) « À Allah appartient la royauté des cieux et de la terre et de ce qui s'y trouve. Et Il est Omnipotent. » (5.120) « Dis : "Ô Allah, Maître de la royauté ! Tu donnes la royauté à qui Tu veux, et Tu arraches la royauté à qui Tu veux. Tu honores qui Tu veux, et Tu humilies qui Tu veux. Le bien est en Ta main. Tu es Omnipotent. Tu fais pénétrer la nuit dans le jour, et Tu fais pénétrer le jour dans la nuit. Tu fais sortir le vivant du mort, et Tu fais sortir le mort du vivant. Et Tu accordes la subsistance à qui Tu veux, sans compter." » (3.26-27)

 

 

Quand je réalise la grandeur d'Allah, à sa juste valeur, quand je vois concrètement la grâce d'Allah, je ne peux que ressentir le repos dans mon cœur. Même quand je ressens la crainte d'Allah, ma crainte est immédiatement suivie d'un repos dans mon cœur. Allah dit : « Allah a fait descendre le plus beau des récits, un Livre dont (les versets) se ressemblent et se répètent. Les peaux de ceux qui redoutent leur Seigneur frissonnent (à sa lecture). Puis leurs peaux et leurs cœurs s'apaisent au rappel d'Allah. Voilà la guidée d'Allah par laquelle Il guide qui Il veut. Mais quiconque Allah égare, nul ne peut le guider. » (39.23) « Ceux qui croient et n'obscurcissent point leur foi par une injustice, ceux-là ont la sécurité, et ils sont bien-guidés. » (6.82) « En vérité, les alliés d'Allah n'auront aucune crainte et ne seront point affligés. » (10.62) Même au jour de la résurrection, comme l'a dit le Prophète (psl), « Allah leur donnera protection sous Son Ombre, le jour où il n'y aura d'ombre que la Sienne. »

 

 

Un non-croyant dirait : pourquoi devrais-je craindre Allah si, comme Il le dit, « À Allah appartient tout ce qui est dans les cieux et sur la terre. Il pardonne à qui Il veut et châtie qui Il veut. » (3.129) ? C'est une bonne question. Mais pourquoi regarder « Il châtie qui Il veut » et ne pas regarder « Il pardonne à qui Il veut » ? Le verset complet est : « À Allah appartient tout ce qui est dans les cieux et sur la terre. Il pardonne à qui Il veut et châtie qui Il veut. Allah est Pardonneur et Miséricordieux. » (3.129) Pourquoi n'essaierais-je pas, autant que possible, de faire le bien et d'éviter le mal, et ensuite d'espérer être de ceux qu'Allah pardonnera, puisqu'Il est « Pardonneur et Miséricordieux » ? Mais, en même temps, si je commets une erreur stupide, je ne me considère pas « à l'abri du stratagème d'Allah » car « ne se sentent à l'abri du stratagème d'Allah que les gens perdants. » (7.99) « Allah est Puissant, Détenteur du pouvoir de punir. » (14.47) Allah veut me faire peur pour me sauver. Il dit : « C'est cela dont Allah menace Ses serviteurs. Ô Mes serviteurs, craignez-Moi donc ! » (39.16) « Et Allah appelle à la Demeure de la Paix. Il guide qui Il veut vers un droit chemin. » (10.25) Il dit aussi : « Et concourez au pardon de votre Seigneur, et à un Paradis large comme les cieux et la terre, préparé pour les pieux. » (3.133) Ne serais-je pas stupide si je laissais passer une telle occasion en or ? S'il y a autant d'espace au Paradis, pourquoi n'espérerais-je pas être l'un des chanceux habitants de ce beau monde ?

 

 

Allah dit : « Craignez-Moi donc, ô doués d'intelligence ! » (2.197) Allah s'adresse à « ceux qui sont doués d'intelligence ». « Annonce donc la bonne nouvelle à Mes serviteurs, qui écoutent la parole et suivent ce qu'elle contient de meilleur. Ce sont ceux-là qu'Allah guide, et ce sont ceux-là les doués d'intelligence. » (39.17-18) « Mais seuls les doués d'intelligence s'en souviennent, ceux qui remplissent leur engagement envers Allah et ne rompent point le pacte, ceux qui unissent ce qu'Allah a commandé d'unir, redoutent leur Seigneur et craignent une malheureuse reddition de comptes, ceux qui endurent dans la recherche de l'agrément de leur Seigneur, accomplissent la prière et dépensent (dans le bien), en secret et en public, de ce que Nous leur avons attribué, et repoussent le mal par le bien. À ceux-là, la dernière demeure, les jardins d'Éden où ils entreront, ainsi que tous ceux de leurs pères, conjoints et descendants qui ont été vertueux. Les anges entreront chez eux par toutes les portes : "Paix sur vous, pour ce que vous avez enduré !" Comme est bonne votre demeure finale ! […] Allah attribue Ses dons avec largesse à qui Il veut et les restreint à qui Il veut. Ils se réjouissent de la vie présente. La vie présente n'est qu'un plaisir éphémère par rapport à l'au-delà. » (13.19-26) C'est le meilleur investissement, n'est-ce pas ?

 

 

Pourquoi les anges disent-ils aux habitants du Paradis « pour ce que vous avez enduré » ? Eh bien, le Prophète (psl) a dit : « Le Paradis est entouré de difficultés et l'Enfer est entouré de passions. » Une médaille d'or olympique n'est pas le Paradis, mais peut-on être champion olympique sans faire de sacrifices ? Peut-on obtenir un diplôme universitaire supérieur sans faire de sacrifices ? La bonne question est : le Paradis vaut-il de tels sacrifices ? Nul doute que notre monde est beau ; sinon le tourisme n'existerait pas, avec sa myriade d'hôtels somptueux, de stations balnéaires et de campings… Mais il y a aussi des tragédies. Allah dit : « La comparaison du Jardin promis à ceux qui craignent (Allah) : sous lui coulent les ruisseaux ; sa nourriture est perpétuelle, ainsi que son ombre. » (13.35) Il n'y a ni « fatigue ni lassitude » (35.35) au Paradis. Il n'y a pas de problèmes au Paradis, pas de soucis, pas de pertes. Donc, pour avoir une chance d'y aller, je dois endurer une certaine forme de souffrance dans ce monde.

 

 

Ceux qui sont décrits dans le Coran comme « doués d'intelligence » sont-ils les seuls au monde à pouvoir comprendre tout cela ? Le reste de l'humanité est-il stupide ? Qu'en est-il de ceux qui aiment et donnent leur argent, et parfois leur vie, à des gourous ? Qu'en est-il de ceux qui donnent des sommes énormes pour construire de somptueux temples et sanctuaires pour d'autres dieux ? Ces gens ne pourraient-ils pas faire un meilleur usage de leur argent ? Ce sont toutes des questions légitimes. Mais il y a encore une question : qui est le plus heureux, ceux qui aiment et adorent Allah ou ceux qui aiment et adorent d'autres dieux ?

 

 

Quelle que soit la réponse, nous savons tous que certaines personnes se suicident parce qu'elles ne peuvent pas avoir un sentiment durable de bonheur. D'autres ne supportent pas la moindre tristesse. Mais on peut souffrir, pour une raison ou une autre, et avoir pourtant beaucoup de jours heureux dans ce monde. Allah ne devrait-Il pas être remercié pour cela ? Imagine la souffrance d'un proche d'un otage et imagine sa joie après les retrouvailles (émouvantes) ! Imagine le choc de quelqu'un qui vient d'apprendre qu'il/elle a une maladie potentiellement grave et imagine son soulagement quand il/elle en est guéri(e). Allah dit : « Pour ceux qui font le bien dans ce monde, il y aura une belle récompense, et la demeure de l'au-delà sera meilleure. Combien agréable sera la demeure de ceux qui craignent (Allah) ! » (16.30)

 

 

Mais ai-je vraiment besoin d'être au Paradis après ma mort ? Eh bien, Ibrahim (psl) « était un guide (ou une nation) soumis à Allah, voué exclusivement à Lui, et il n'était point du nombre des associateurs » (16.120) et « Allah a pris Abraham pour ami intime. » (4.125) Et pourtant Ibrahim (psl) a dit : « Et fais-moi l'honneur d'être parmi les héritiers du Jardin des délices. » (26.85) Allah dit : « Vois comment Nous favorisons certains sur d'autres. Et dans l'au-delà, il y a des rangs plus élevés et plus de privilèges. » (17.21) Comment ne pas prier Allah de m'accorder aussi une place au Paradis ? Le Prophète (psl) a dit : « Si vous demandez quelque chose à Allah, demandez-Lui al-Firdaws (la partie la plus élevée du Paradis). » Tu connais ces sortes d'émissions de radio où l'on vous invite à envoyer des réponses par SMS. Ils posent une question facile pour qu'un grand nombre de personnes envoient un grand nombre de SMS. Eh bien, pour toi personnellement, pour augmenter tes chances de gagner, tu envoies autant de SMS que tu peux te le permettre. Pourquoi ne ferais-je pas la même chose quand il s'agit du Paradis ? Un musulman ordinaire qui craint Allah a droit au Paradis, mais pour éviter les « mauvaises surprises », je devrais essayer de faire un peu mieux qu'un simple musulman. Pourquoi n'essayerais-je pas d'être un moumine (un croyant), qui est un rang plus élevé ? Je devrais d'abord essayer de sécuriser une place au Paradis, ensuite essayer de philosopher sur tout cela.

 

 

Maintenant, comment comprendre l'histoire du Paradis ? Allah aurait pu rester « seul » et ne pas se donner la peine de créer quoi que ce soit. Il était Dieu, Absolu, libre et se suffisant à Lui-même. Mais Il était trop beau pour ne pas être connu. Il était trop généreux pour ne pas partager Sa beauté. Mais avec qui ? Il était Dieu et rien ne pouvait Lui ressembler. Rien ne pouvait L'égaler. Il n'avait besoin de rien ni de personne. C'est seulement par Sa grâce qu'Il a créé le monde pour partager non seulement Sa beauté mais aussi Sa générosité. Il a fait du Paradis un lieu beau dans tous les sens du terme. Il ne l'a pas fait pour Lui-même. (Il n'en avait pas besoin.) Il l'a fait pour nous. Qu'Allah ait créé la terre avant ou après le Paradis et l'Enfer, ce n'est pas vraiment une grande question. Mais il est intéressant de noter qu'Allah a fait une partie de la terre ressemblant au Paradis (vergers, parcs naturels, réserves, etc.) et une partie ressemblant à l'Enfer (volcans, etc.), comme un rappel pour les futurs habitants de cette planète, pour nous. Allah décrit le Coran comme un rappel. Maintenant que nous sommes ici, nous devrions nous poser des questions. Allah dit : « Je n'ai créé les djinns et les hommes que pour qu'ils M'adorent. Je ne cherche pas d'eux une subsistance, ni ne veux qu'ils Me nourrissent. En vérité, c'est Allah qui est le Grand Pourvoyeur, le Détenteur de la force, l'Inébranlable. » (51.56-58) Je ne peux pas sur-interpréter ces versets. Ils sont clairs. Allah veut que l'homme L'adore. Mais cela signifie-t-il pour autant qu'Allah a besoin que l'homme L'adore ? Allah Lui-même répond à cette question. Il dit : « Et Moïse dit : "Si vous êtes ingrats, vous et tous ceux qui sont sur terre, (sachez qu') Allah Se suffit à Lui-même et qu'Il est Digne de louange." » (14.8) Penses-tu qu'Allah a attendu des milliers ou des millions d'années que quelqu'un comme moi écrive quelque chose comme ça ? Si je crois en Allah, c'est une faveur d'Allah, pas de moi. Allah dit : « Et quand bien même Nous ferions descendre les anges vers eux, et que les morts leur parleraient, et que Nous rassemblerions toute chose devant eux, ils ne croiraient pas, à moins qu'Allah ne le veuille. Mais la plupart d'entre eux sont ignorants. » (6.111) Si Allah avait besoin d'être adoré, Il aurait épargné au moins ceux qui L'ont adoré de la meilleure manière dans le passé, mais nous savons tous que même les prophètes et les saints sont morts. Allah serait-Il intéressé par le nombre d'adorateurs ou par la qualité des adorateurs ou par la quantité d'adoration ? Encore une fois, « Allah Se suffit à Lui-même et Il est Digne de louange. » (14.8) Supposons qu'Allah soit intéressé par le nombre d'adorateurs ou par la quantité d'adoration, combien pèserait ma propre adoration dans tout cela ? Mériterais-je le bonheur éternel au Paradis pour cette petite adoration que j'accomplis dans ma courte vie ? Cela n'a pas de sens. Le Prophète (psl) a dit : « Accomplissez les bonnes œuvres correctement, sincèrement et modérément, et sachez que vos œuvres ne vous feront pas entrer au Paradis, et que l'œuvre la plus aimée d'Allah est la plus régulière et constante, même si elle est minime. » Et pourtant, Allah ne veut pas que nous allions en Enfer. Il dit : « Allons-Nous vous priver du Rappel parce que vous êtes un peuple outrancier ? » (43.5) « Hélas pour Mes serviteurs ! Aucun messager ne leur venait sans qu'ils ne s'en moquent. » (36.30) La question est : pourquoi l'homme veut-il aller en Enfer ? Certes, « Il n'appartient pas à une âme de croire, si ce n'est avec la permission d'Allah. » (10.100) Mais toi et moi savons ce qu'est l'homme. Beaucoup d'hommes aiment la provocation. Beaucoup d'hommes sont imprudents. Même beaucoup d'hommes intelligents commettent des erreurs stupides. Pense au SIDA, à la drogue, aux mauvaises habitudes alimentaires, etc. Il est donc facile de générer question après question. Certaines personnes posent des questions pour comprendre, d'autres juste pour discuter pour le plaisir de discuter. Ceux qui posent des questions pour comprendre peuvent comprendre qu'Allah a créé le Paradis pour montrer combien Il est grand, combien Il est miséricordieux, combien Il est doux, combien Il est prompt à répondre, combien Il est aimable. Allah a créé le Paradis pour partager avec les croyants Sa beauté et Sa générosité. Il est donc digne d'être adoré. Non pas parce qu'Il a un Feu « dans Son jardin arrière », comme on dirait, non pas parce qu'Il « est fort en punition » (13.6) (Il est aussi « plein de pardon envers les hommes, malgré leur injustice » (13.6)), mais parce qu'Il est « Clément et Aimant. » (11.90) Ces gens comprendront qu'Allah serait digne d'être adoré même s'il n'y avait ni Paradis ni Enfer. Mais il doit y avoir un Paradis et un Enfer. Il doit y avoir un moyen de différencier le reconnaissant de l'ingrat. C'est pourquoi nous sommes différents : par la couleur, par la forme, par la santé, par la richesse, etc. Tout cela n'est pour nous que des épreuves. Allah n'acceptera pas d'être adoré gratuitement. Il dit de Lui-même : « Qu'Allah, le vrai Roi, soit exalté ! Point de divinité à part Lui, le Seigneur du Trône sublime. » (23.116) Allah est là pour me guider, si je veux bien écouter, et me payer pour la moindre pensée de Lui. Il dit : « Quiconque fait un bien fût-ce du poids d'un atome, le verra. » (99.7) Il peut me payer dans la vie de ce monde. Mais il y a quelque chose de plus précieux que le Paradis. Peux-tu deviner ? C'est « l'agrément d'Allah ». (2.265) C'est pourquoi « parmi les hommes, il en est qui se sacrifient pour la recherche de l'agrément d'Allai. Allah est Compatissant envers Ses serviteurs. » (2.207) Et parce qu'Allah n'est pas n'importe qui, Son « agrément » est difficile à obtenir. Difficile mais pas impossible. Il exige des sacrifices.

 

 

Je fais les choses par amour d'Allah, par respect pour Allah, pas par gentillesse. Allah n'a pas besoin de ma gentillesse. Allah veut que moi, en tant que croyant, je L'aime et que je sache pourquoi je devrais L'aimer. J'aime Allah parce qu'Il est beau, généreux, miséricordieux, pardonneur, aimant. Je L'aime pour Ses qualités intrinsèques. Je L'aime parce que c'est le cours naturel des choses, c'est tellement évident. Je L'aime parce que cela va de soi, comme on dit. J'aimerais un humain pour bien, bien moins de vertus et de qualités que cela. De même, tout comme j'aimerais voir une magnifique station balnéaire créée sur terre par un humain comme moi, j'aimerais voir le Paradis qui a été conçu et préparé par Allah Lui-même pour les fidèles. Je crois en Allah et je ne sais pas à quoi Il ressemble. Mon petit cerveau humain (mortel) ne peut pas L'imaginer. Je crois au Paradis et je ne sais pas vraiment à quoi il ressemble. Je crois qu'il est beau, mais je ne peux pas l'imaginer. Maintenant, je crois en l'invisible comme la seule manière – décidée par Allah – de payer un ticket pour le Paradis. En d'autres termes, je ne pense pas seulement au Paradis d'un point de vue religieux, mais aussi d'un point de vue intellectuel. Pour que cette idée soit plus claire, prenons une personne. Imagine un homme nommé Juan, un professeur de 22 ans à Lima, au Pérou. Cet homme rencontre un couple musulman dans sa ville. Cet homme et cette femme musulmans ne sont pas arabes. Ils sont péruviens. Le professeur, habitué au mode de vie occidental, se pose des questions. Il fait des recherches sur le Web. Il lit des livres, puis voyage dans un pays arabe. À son arrivée, il est choqué de voir que beaucoup de gens dans ce pays arabe musulman ne lui donnent pas vraiment l'impression que c'est ça l'Islam. Alors que fait-il ? Retourne-t-il chez lui en disant pourquoi l'Islam serait bon pour moi alors que ces musulmans ne pratiquent pas le vrai Islam dans leur propre pays ? Ou dit-il : je me fiche des gens. Je suis venu ici pour en savoir plus sur la religion. Supposons qu'il ait ignoré les gens et se soit concentré sur la Foi en tant que telle, que pourrait-il lui arriver ? Eh bien, beaucoup de gens ont vécu un processus plus ou moins similaire et certains d'entre eux ont fini par devenir des clercs et des imams qui prêchent aux Arabes et aux non-Arabes le vrai Islam ! Imagine le bonheur de ces clercs et imams.

 

 

Allah dit : « Ceci est un rappel. Que celui qui veut, donc, prenne le chemin vers son Seigneur. Mais vous ne voudrez que si Allah veut. Allah est Omniscient et Sage. » (76.29-30) « Allah a fait descendre le plus beau des récits, un Livre dont (les versets) se ressemblent et se répètent. Les peaux de ceux qui redoutent leur Seigneur frissonnent (à sa lecture). Puis leurs peaux et leurs cœurs s'apaisent au rappel d'Allah. Voilà la guidée d'Allah par laquelle Il guide qui Il veut. » (39.23) Dois-je prendre cela comme une excuse et dire : si Allah veut que je sois un bon croyant, Il ferait de moi un bon croyant ? Eh bien, c'est comme rester à la maison et attendre qu'Allah m'apporte de quoi manger, etc. C'est comme donner naissance à douze enfants que l'on ne peut pas nourrir.

 

 

Comme je l'ai dit précédemment, le Coran s'adresse à « ceux qui sont doués d'intelligence » qui « écoutent la parole et suivent ce qu'elle contient de meilleur. Ce sont ceux-là qu'Allah guide. » (39.17-18) Cela signifie que j'utilise mon propre esprit, ma propre expérience personnelle pour connaître la vérité, et quand je connais la vérité, je dois y prêter attention. Même les bons croyants – qui sont déjà croyants, (c'est-à-dire « ceux qui sont doués d'intelligence ») – disent : « Notre Seigneur ! Ne fais pas dévier nos cœurs après que Tu nous as guidés ; et accorde-nous Ta miséricorde. C'est Toi, certes, le Grand Donateur. » (3.8) Ils disent toujours : « Guide-nous dans le droit chemin. » (1.6) Si j'utilise correctement mon esprit, je ne peux que renforcer ma foi. Allah dit : « Ceux qui ont reçu la science voient que ce qui t'est révélé de la part de ton Seigneur est la vérité, et qu'il guide au chemin du Puissant, du Digne de louange. » (34.6) « Et afin que ceux qui ont reçu la science sachent que c'est la vérité venant de ton Seigneur, qu'ils y croient, et que leurs cœurs s'y soumettent humblement. Allah guide certes ceux qui croient vers un droit chemin. » (22.54)

 

 

Pourquoi certains malades et femmes enceintes jeûnent-ils pendant le Ramadan ? Parfois, le mois sacré du Ramadan tombe pendant la saison chaude et pourtant beaucoup d'hommes insistent pour jeûner alors qu'ils sont malades et beaucoup de femmes insistent pour jeûner alors qu'elles sont enceintes ! Allah dit : « Quiconque d'entre vous est présent en ce mois, qu'il jeûne. Et quiconque est malade ou en voyage, alors qu'il jeûne un nombre égal d'autres jours. Allah veut pour vous la facilité, Il ne veut pas la difficulté pour vous. » (2.185) « Allah ne veut pas vous imposer de gêne, mais Il veut vous purifier et parfaire sur vous Son bienfait. Peut-être serez-vous reconnaissants. » (5.6) « Ceux qui croient et accomplissent les bonnes œuvres – Nous n'imposons à aucune âme que ce qu'elle peut supporter – ceux-là sont les gens du Paradis où ils demeureront éternellement. » (7.42) « Aujourd'hui, J'ai parachevé pour vous votre religion, et accompli sur vous Mon bienfait, et J'agrée pour vous l'Islam comme religion. Quiconque est contraint par la faim, sans inclination vers le péché, alors, Allah est Pardonneur et Miséricordieux. » (5.3)

 

 

Ce n'est pas l'Islam qui pousse les hommes malades ou les femmes enceintes à jeûner le Ramadan, ou ces gens affamés à ne pas manger d'une viande normalement interdite. Ce sont les cœurs de ces gens qui les poussent à le faire. C'est leur amour d'Allah qui les fait se comporter ainsi. Le Prophète (psl) a dit : « Un homme parmi les gens de l'Enfer qui aura eu la vie la plus facile dans ce monde sera plongé une seule fois dans le Feu le Jour de la Résurrection. Puis on lui dira : "Ô fils d'Adam, as-tu connu quelque bien-être ? As-tu eu quelque félicité ?" Il répondra : "Non, par Allah, ô Seigneur !" Puis un homme parmi les gens du Paradis qui aura eu la vie la plus difficile dans ce monde sera plongé une seule fois dans le Paradis. Puis on lui dira : "Ô fils d'Adam, as-tu connu quelque difficulté ? As-tu eu quelque détresse ?" Il répondra : "Non, par Allah, ô Seigneur ! Je n'ai jamais connu de difficulté ni éprouvé de détresse." »

 

 

20

 

 

 

Au Hajj, des gens du monde entier se rencontrent au même endroit, accomplissent à peu près les mêmes rites, puis retournent chacun chez soi. De retour chez eux, chacun suit ses propres coutumes. Quel est le rôle de ces coutumes ? Elles vous disent comment bien vous comporter en société. C'est ce que fait le Coran. Si je suis croyant, le Coran me dit comment bien me comporter quand je suis seul et quand je suis en société. En réalité, je ne suis jamais seul. Physiquement, je suis seul, mais mon âme est censée être connectée au Créateur. Il y a aussi deux anges et un compagnon (un djinn) avec moi. Gardant cela à l'esprit, le Coran m'aide à gérer toutes mes relations : avec moi-même d'abord, avec ma famille, avec ma communauté proche, avec mon État, avec le pays où je vis, avec la Oumma (la Nation Islamique), avec l'humanité, avec Allah et avec Satan. Dans ma relation avec moi-même, par exemple, on me conseille sur la façon de préserver ma vie, mon argent, mon esprit, ma foi et mon honneur. On me conseille sur la façon de gérer ma relation à la beauté et à la grandeur. On me conseille sur la façon de transformer ma fragilité (instincts, etc.) en une force morale qui préserve mon honneur et mon estime de moi. On me conseille sur la façon de m'élever d'un animal (un corps) à un être humain digne (une bonne âme dans un bon corps).

 

 

La société marocaine n'est pas la société américaine, ni la société russe, ni la société chinoise. Mais en tant qu'humains, nous avons beaucoup de choses en commun. Nous pouvons vivre le chômage, par exemple, de manières très différentes. Mais les sentiments fondamentaux d'une personne au chômage restent plus ou moins les mêmes. Quand on ne parvient pas à trouver un emploi, il arrive souvent que les gens vous traitent mal. On peut être surpris de voir des amis ou des membres de la famille vous tourner le dos. Cela a un lien avec la santé mentale. Nous avons tous besoin d'une bonne santé mentale, et la foi y aide grandement.

 

 

Les rêves sont une source inépuisable d'inspiration. Mais il y a rêve et rêve. Il y a des rêves qui peuvent se réaliser et des rêves qui ne se réaliseront jamais. En tant que croyant, je dois être réaliste. Je dois prendre en compte toutes « les données », comme je l'ai dit précédemment. 50 ans, ce n'est pas 20 ans. Une personne mariée n'est pas comme une personne célibataire. Un enfant unique vivant dans une villa de banlieue n'est pas comme un jeune garçon vivant avec son frère ou sa sœur dans une petite pièce d'un petit appartement dans un quartier défavorisé. Être l'enfant de parents religieux et bien éduqués n'est pas comme être l'enfant de parents illettrés ne s'intéressant qu'à l'argent. Vivre dans un pays où la sécurité sociale et les soins de santé sont courants n'est pas comme vivre dans un pays où la sécurité sociale et les soins de santé sont un luxe. Si je peux personnellement me contenter d'aussi peu que 60 dollars par mois, une autre personne aura besoin d'au moins 500 dollars par mois. Si je peux personnellement trouver quelqu'un pour me nourrir quand je perds mon emploi, une autre personne ne trouvera peut-être personne pour lui donner une miche de pain. Mes propres difficultés peuvent être très, très dures – pour moi – mais elles ne sont peut-être rien comparées aux difficultés d'une autre personne. C'est pourquoi l'Islam appelle à l'humilité. Le Coran dit : « Et ne foule pas la terre avec orgueil : tu ne sauras jamais fendre la terre, ni égaler la hauteur des montagnes. » (17.37) Si j'ai des yeux, je devrais penser à celui qui n'en a pas. Si j'ai des jambes, je devrais penser à celui qui n'en a pas. Si j'ai un toit, je devrais penser à celui qui dort dans la rue. Si je suis marié, je devrais penser à celui qui n'a pas les moyens de se marier. C'est ainsi que je ressentirai comment Allah m'a comblé « de Ses bienfaits, apparents et cachés. » (31.20) Allah me dit : « Et sois bienfaisant comme Allah a été bienfaisant envers toi. Et ne cherche pas la corruption sur terre, car Allah n'aime pas les corrupteurs. » (28.77) En d'autres termes, je devrais penser à donner avant de penser à recevoir. Il n'en faut pas beaucoup pour être bienfaisant : je peux donner aussi peu qu'un sourire ou un mot gentil. Voilà comment je perçois l'Islam. Mieux vaut penser à donner, ne serait-ce que de pieuses pensées, que de tomber dans le piège de la victimisation. C'est le remède à beaucoup de nos problèmes psychologiques.

 

 

Il y a un siècle, les jeunes dans de nombreuses régions du monde vivaient avec leurs parents jusqu'à leur mariage. La plupart des gens, même illettrés, avaient leur propre maison. Il y avait du travail pour tout le monde. Les jeunes pouvaient aller à l'école et ainsi vivre une vie meilleure que celle de leurs parents. Les destructions massives causées par la guerre ont conduit à une reconstruction massive, et l'exode massif vers les villes dans les pays colonisés a augmenté le nombre et la taille des cités partout dans le monde. De nouveaux emplois ont été créés, de nouvelles formations, de nouveaux modes de vie. Tout le monde voulait être « moderne ». Chaque pays a connu son boom économique. Et puis chaque pays a connu sa crise économique. Le chômage, un concept relativement nouveau, est devenu un problème. Les crises économiques sont devenues cycliques. Les employeurs sont devenus de plus en plus exigeants. L'éducation est devenue de plus en plus chère. Les masses (malchanceuses) croissaient (en nombre) plus vite que l'heureuse minorité. Les jeunes ont dû contracter des prêts à long terme pour financer leur logement ou leurs études. On a demandé aux nouvelles générations de travailler plus dur dans l'espoir d'obtenir la moitié de ce que leurs parents ou grands-parents illettrés avaient réussi à avoir. Le résultat de tout cela : le pessimisme est partout. Les analystes nous disent que la crise est systémique, le problème vient du Système. Il y a des pays riches qui ne pourront jamais rembourser leurs dettes. De moins en moins de pays pourront maîtriser leurs déficits budgétaires ou même leur monnaie. Le chômage est désormais une maladie chronique dans de nombreux pays. Il peut descendre à 3 % et puis – presto – il remonte à 10 %. La robotisation et l'ubérisation sont un grand défi. De nombreux investisseurs d'aujourd'hui préfèrent placer leur argent dans les banques ou en bourse plutôt que de miser sur des industries à forte main-d'œuvre ou des projets agricoles. Et pourtant, c'est le citoyen individuel qui sera blâmé de ne pas trouver d'emploi. On blâmera peu les entreprises en faillite ou même le gouvernement. En théorie, l'État est au service du citoyen, mais de plus en plus, c'est le citoyen qui sert davantage l'État. Dans de nombreux États aujourd'hui, beaucoup de gens paient des impôts et en plus de cela, ils paient pour l'éducation de leurs enfants, les soins de santé, etc. Mais que peut faire l'État – dans bien des cas ? De moins en moins d'États auraient les moyens de fournir une éducation et des soins de santé gratuits ou à faible coût sans creuser davantage le déficit budgétaire ou recourir à l'endettement. C'est un cercle vicieux. Chaque nouveau gouvernement, quelle que soit sa couleur politique, essaie de se donner bonne conscience, mais il n'est pas toujours facile de se remettre d'une crise générale. Ce qui est peut-être regrettable (ou peut-être que nous ne pouvons tout simplement pas nous en empêcher), c'est que beaucoup d'entre nous continuent de placer beaucoup d'espoir dans nos gouvernements, dans l'État en général.

 

 

Nous avons cru en une certaine image de l'homme moderne. Le cinéma, les médias, l'école, la famille, la société dans son ensemble… ont tous contribué à l'image éblouissante de l'homme ou de la femme qui a réussi. D'une certaine manière, cette image n'est pas entièrement nouvelle. Même autrefois, les gens avaient une certaine image matérialiste de l'homme qui réussit. Le Coran rapporte l'histoire de « Coré » qui « était du peuple de Moïse » (28.76) : « (...) Il sortit vers son peuple dans tout son apparat. Ceux qui aimaient la vie présente dirent : "Ah ! si nous avions les mêmes biens que ce qui a été donné à Coré ! Il a été vraiment favorisé d'une immense fortune." (...) » (28.79) Ce qui est nouveau, c'est que cette image a été popularisée (au point de sembler même éculée) au point que presque tout le monde croit qu'il/elle peut être cette personne qui a réussi. À l'école, on nous enseignait : « Si tu travailles dur, tu réussiras. » Dans mon pays, par exemple, de nombreuses familles à faibles revenus (classe moyenne inférieure, si l'on veut) dépensent jusqu'à la moitié de leurs revenus pour l'éducation de leurs enfants, mettant un accent particulier sur les matières scientifiques, parce que tout le monde croit que son enfant peut être médecin ou ingénieur. Ce qui est curieux, c'est que la littérature, la philosophie, l'histoire, la géographie… sont devenues taboues pour beaucoup, beaucoup de parents, mais pas toujours pour leurs enfants. Un nombre croissant de jeunes Marocains s'intéressent autant aux sciences qu'aux matières non scientifiques. Ils parlent maintenant les langues mieux que moi et parlent de beaucoup de sujets mieux que moi.

 

 

Ces choses triviales que j'ai dites sur la façon dont les gens vivaient il y a un siècle et sur notre vie aujourd'hui sont devenues terriblement importantes pour beaucoup de gens maintenant. Beaucoup de gens ont découvert que les calculs de la vie ne sont pas comme les calculs mathématiques. Ils ont découvert que l'État n'est pas le gouvernement, et que les capacités financières de l'État sous un gouvernement peuvent prendre fin sous le suivant. Alors, faire pression sur le gouvernement ne fonctionne pas toujours.

 

 

Maintenant, que dit l'Islam de tout cela ? Eh bien, lorsque l'État musulman, sous le calife Umar par exemple, en avait les moyens, la plupart des hommes, sinon tous les hommes musulmans, recevaient un certain revenu de l'État. Et pourtant, Umar a dit un jour : « Qu'aucun d'entre vous ne s'abstienne de gagner sa vie et ne dise : "Ô Allah, accorde-moi ma subsistance" alors qu'il sait que le ciel ne fera pas pleuvoir de l'or et de l'argent. » L'État est censé m'aider quand il en a les moyens. Et quand l'État n'en a pas les moyens, que faire ? Quand faire pression sur le gouvernement ne fonctionne pas, que faire ? Je cède au pessimisme ? Je perds espoir ? Je cesse de rêver ? Eh bien, c'est la pire chose qu'un bon musulman puisse faire.

 

 

Mais il y a aussi d'autres questions importantes. Qu'est-ce que je veux ? Est-ce que je veux juste mener une vie décente ou vivre une vie meilleure que les autres ? Quels salaires accepterais-je ? Quel mode de vie est-ce que je veux ?

 

 

Qu'en est-il des gens qui n'ont rien, pas d'argent, pas de compétences ? Ils sont malheureusement mis de côté. Cela donne l'impression de vivre dans un monde largement influencé par les nantis. Mais la vérité est pourtant très différente. Le monde a toujours appartenu, et appartiendra toujours, à Celui qui l'a créé, à Allah. Tout le monde convient qu'ici, au Maroc, l'activité économique dépend beaucoup de la pluviométrie. Mais quand il pleut peu ou pas du tout au bon moment, des prières rogatoires sont accomplies dans toutes les mosquées du pays. Quand la sécheresse défigure les paysages et brûle les dernières prairies et réduit les derniers fourrages et assèche les plus grands barrages, nous commençons à croiser les doigts, à lever timidement les yeux vers le ciel. Cela signifie que ton destin, le mien, et le destin de tous ne dépendent pas des propriétaires, des actionnaires (ou du gouvernement, d'ailleurs) et qu'Allah Seul est le Maître du monde. Normalement, nous sommes censés penser à Allah en toutes circonstances. Allah dit : « Toute âme goûtera la mort. Nous vous éprouvons par le mal et par le bien, à titre de tentation. Et c'est à Nous que vous serez ramenés. » (21.35) Qu'est-ce que cela signifie ? Cela signifie que toi et moi devrions penser à Allah, et ne pas L'oublier : quand nous avons faim, quand nous avons de quoi manger et boire, quand nous sommes nus et quand nous avons de quoi nous vêtir. En tant que croyant, je devrais me souvenir d'Allah quand je suis fatigué et quand je vais me coucher, etc., etc. Je devrais penser à Allah par gratitude, quelle que soit ma situation. Pourquoi ? Eh bien, parce qu'Allah dit : « Rappelez-vous Moi donc, Je Me souviendrai de vous. Rendez-Moi grâce et ne soyez pas ingrats envers Moi. » (2.152) « Ceux qui invoquent Allah, debout, assis ou couchés sur le côté, et méditent sur la création des cieux et de la terre (disant) : "Notre Seigneur ! Tu n'as pas créé cela en vain. Gloire à Toi !" » (3.191) Si je crois vraiment qu'Allah est le Maître du monde, je devrais penser à Lui avant de penser à quiconque d'autre. Je devrais penser à Lui quand je prends mes décisions concernant mon travail, mon lieu de travail, le salaire que je devrais accepter, etc.

 

 

Pour certains, le problème qui est la racine de tous nos problèmes (la racine du mal, si l'on veut) n'est pas tant l'économie, mais plutôt le manque de justice sociale, la répartition inéquitable des richesses, les paradis fiscaux, la corruption. Précisément, si tout le monde ne pense qu'à l'argent, pourquoi Allah penserait-Il à nous ? Pourquoi veillerait-Il à ce que nous ayons les bons dirigeants ? Allah nous avertit dans le Coran : « Ô vous qui croyez ! Craignez Allah. Que chaque âme considère ce qu'elle a préparé pour demain. Et craignez Allah, car Allah est Parfaitement Connaisseur de ce que vous faites. Et ne soyez pas comme ceux qui ont oublié Allah ; [Allah] leur a alors fait oublier leurs propres personnes. Ceux-là sont les pervers. » (59.18-19) « Les hypocrites, hommes et femmes, sont les uns des autres. Ils commandent le blâmable, interdisent le convenable, et replient leurs mains (de peur de dépenser dans le sentier d'Allah). Ils ont oublié Allah, Il les a donc oubliés. En vérité, les hypocrites sont les pervers. » (9.67)

 

 

Tout le monde veut être moderne, quoi que cela signifie, et ce genre de pensée (théologique) peut ne pas rimer avec modernité, n'est plus à jour. Le Compagnon Abou Bakr As-Siddiq a dit : « Nous autres, nous ne mangeons que lorsque nous avons faim, et quand nous mangeons, nous ne nous rassasions pas. » Qui applique cela dans sa vie, réellement ? Moi ? Pas du tout ! Je suis loin d'être vacciné moi aussi. J'ai grandi comme tout le monde : dans les mêmes écoles, dans les mêmes quartiers, dans le même courant de pensée. Mais je sais que certaines personnes ont bien vécu avec très, très peu de choses. Les gens étaient privés de tout sauf de leur foi, et pourtant ils jouissaient de la vie. Ces gens aimaient Allah parce qu'ils voyaient dans ce monde (plein de contradictions, plein d'inégalités, plein de souffrance, plein de tout ce qu'on veut) – (malgré tout) ils voyaient une beauté sublime à l'intérieur et à l'extérieur d'eux-mêmes. Ils aimaient voir l'or sans vouloir l'amasser, tout comme ils aimaient voir la lune ou le coucher du soleil sans vouloir posséder la lune ou le soleil. Ils aimaient Allah pour la merveille qu'Il avait créée en eux. Pourtant, pour beaucoup d'entre eux, ils n'ont renoncé qu'à ce qui n'était pas si essentiel pour eux. Eux aussi mangeaient et buvaient, eux aussi se mariaient et avaient des enfants, eux aussi avaient leurs maisons. Seulement, ils n'étaient pas obsédés par le désir de tout avoir. Pour certains, les portes de la vie d'ici-bas se sont ouvertes grand devant eux après leur renoncement. Ils avaient le choix de renoncer à tout luxe (à tout confort) dans la mesure du possible humainement, ou de profiter pleinement des plaisirs de la vie. L'Islam ne vous interdit pas de vivre dans un palais ou dans une villa luxueuse. Mais ce palais ou tout autre bien doit rester dans la main et non dans le cœur. C'est Allah et Allah Seul qui doit être dans le cœur. C'est la différence entre un croyant et un non-croyant. Si vous vivez dans une cabane, vous verrez la beauté et la bonté d'Allah dans cette cabane. (Pensez simplement aux sans-abri.) Si vous vivez dans une villa luxueuse, vous verrez la grâce d'Allah dans tous ses recoins, dans toutes les roses du petit jardin. Vous exprimerez votre amour pour Allah que vous soyez dans la cabane ou dans le palais. C'est le même Coran que vous lisez là-bas. C'est la même prière que vous accomplissez là-bas. Cet amour entraîne une responsabilité de notre part. Nous devons faire ce pour quoi Allah nous a créés. Je vous parle ici comme je me parle à moi-même. Si Allah a voulu que je joue un rôle particulier dans un lieu particulier à un moment particulier, je dois m'efforcer de jouer ce rôle de la meilleure façon possible. Il peut y avoir d'autres personnes qui ont été choisies par Allah pour jouer des rôles similaires. Je suis en compétition. Je ne devrais pas penser au prix avant la fin de la compétition. Allah dit : « Que pour cela rivalisent ceux qui rivalisent. » (83.26) Si j'étais médecin, compterais-je combien de patients ont été guéris par mes soins ou compterais-je mon argent ? Si j'étais enseignant, compterais-je combien de mes anciens élèves sont devenus des gens qui ont réussi, ou compterais-je mes biens ? Si j'étais avocat, compterais-je combien de personnes ont été sauvées par mon action, ou compterais-je mon argent ? Si j'étais un écrivain à succès, compterais-je combien de personnes ont trouvé mon travail utile ou compterais-je mes droits d'auteur ? Allah ne choisit pas seulement les croyants pour jouer de tels rôles. Il dit : « Et c'est Lui qui détient les clefs de l'inconnaissable. Nul autre que Lui ne les connaît. Et Il connaît ce qui est dans la terre ferme, et dans la mer. Pas une feuille ne tombe sans qu'Il le sache. Et pas une graine dans les ténèbres de la terre, rien de frais ou de sec, qui ne soit consigné dans un livre explicite. » (6.59) « La connaissance de l'Heure est auprès d'Allah. Et c'est Lui qui fait descendre la pluie, et qui sait ce qui est dans les matrices. Personne ne sait ce qu'il acquerra demain, et personne ne sait dans quelle terre il mourra. Allah est Omniscient et Parfaitement Connaisseur. » (31.34) Voilà les DONNÉES d'Allah, comme je l'ai dit précédemment. C'est ainsi qu'Allah gère Sa Création avec Sa science et Sa puissance, au Maroc, en Europe, en Amérique, en Afrique, partout. « Il est Omniscient et Omnipotent. » (42.50) Allah sait combien d'enseignants, de médecins, d'ingénieurs, d'épiciers, de coiffeurs, d'infirmiers, de policiers, de pilotes, d'informaticiens, de balayeurs… sont nécessaires pour servir Ses serviteurs. « Lis ! Ton Seigneur est le Plus Généreux, qui a enseigné par la plume, a enseigné à l'homme ce qu'il ne savait pas. » (96.3-5) « Et Allah vous a fait sortir des ventres de vos mères, dénués de tout savoir, et vous a donné l'ouïe, les yeux et les cœurs, afin que vous soyez reconnaissants. » (16.78) Cela fait partie du Dessein d'Allah quand Il a voulu que l'univers entier soit au service de l'homme. Allah dit : « N'as-tu pas vu qu'Allah sait ce qui est dans les cieux et sur la terre ? Cela est dans un Livre. Cela est vraiment facile pour Allah. » (22.70) « Est-ce eux qui distribuent la miséricorde de ton Seigneur ? C'est Nous qui avons réparti entre eux leur subsistance dans la vie présente, et Nous les avons élevés en grades les uns sur les autres, afin que les uns prennent les autres à leur service. La miséricorde de ton Seigneur vaut mieux que ce qu'ils amassent. » (43.32) « Et Nous vous avons donné tout pouvoir sur la terre, et Nous vous y avons assigné des moyens de subsistance. Mais vous êtes très peu reconnaissants ! » (7.10) « Et Nous y avons placé pour vous des moyens de subsistance, ainsi que pour ceux que vous ne nourrissez pas. » (15.20) Différents métiers, différentes occupations – dans le passé, le présent et le futur. « Vos efforts sont bien divers. » (92.4) Allah connaît le rythme auquel chaque communauté, chaque nation, chaque État se développe ; Allah est conscient de chaque nouvelle découverte, de chaque nouvelle invention, de chaque évolution de l'Histoire. Tout cela parce qu'Allah veut Se faire connaître de toute l'humanité. Il dit (à quiconque veut l'entendre) : « Des messagers annonciateurs et avertisseurs, afin qu'après la venue des messagers, les gens n'aient point d'argument contre Allah. Allah est Puissant et Sage. » (4.165) Déjà, Allah est connu et adoré dans toutes les parties de la terre. Il sera adoré de plus en plus sur terre, sur les continents, sur les îles, en mer, en route dans le ciel, partout, nuit et jour. Cet outil merveilleux, Internet, est un don d'Allah à l'humanité, c'est un outil pour que l'humanité connaisse mieux Allah ; c'est un outil pour que les croyants expriment leur gratitude envers Allah. « Rappelez-vous Allah, comme Il vous a enseigné ce que vous ne saviez pas. » (2.239) Allah a partagé une partie de Sa connaissance avec nous ; ceux d'entre nous qui ont un peu de savoir doivent le partager avec leurs semblables. Et pourtant, Allah ne se soucie pas du nombre de milliardaires ou de nouveaux millionnaires qu'il y aura, ni du nombre de personnes qui gagneront de l'argent grâce à ce processus. Allah ne se soucie que de ceux qui se soucient de Lui, de ceux qui sont désireux de se rapprocher de Lui.

 

 

Comme je l'ai dit plus tôt, ce qu'on apprend à 50 ans n'est pas ce qu'on apprend à 20 ans. La sagesse vient avec le temps. La sagesse signifie connaître ses possibilités et ses limites. La sagesse signifie qu'il ne faut pas blâmer les autres pour ses propres malheurs. S'il y a une crise économique, ou des troubles sociaux, même s'ils ont été voulus par Allah, chacun devrait d'abord examiner son propre comportement. Allah dit : « C'est qu'en effet Allah ne modifie pas un bienfait dont Il a gratifié un peuple jusqu'à ce que celui-ci change ce qui est en lui-même. Et Allah est Audient et Omniscient. » (8.53) La responsabilité de tous nos problèmes nous incombe finalement. Nous oublions, par exemple, que les accidents de la route sont la principale cause de décès dans de nombreux pays. Allah dit : « Tout malheur qui vous atteint est dû à ce que vos mains ont acquis. Et Il pardonne beaucoup. » (42.30) « Tout bien qui t'atteint vient d'Allah ; et tout mal qui t'atteint vient de toi-même. » (4.79) « Tout ce que vous avez comme bienfait provient d'Allah. Puis quand un malheur vous touche, c'est Lui que vous implorez. Et quand ensuite Il vous en débarrasse, voilà qu'une partie d'entre vous donnent des associés à leur Seigneur. » (16.53-54) « La corruption est apparue sur la terre et dans la mer à cause de ce que les mains des gens ont commis, afin qu'Il leur fasse goûter une partie de ce qu'ils ont fait, peut-être reviendront-ils. » (30.41) Par exemple, si la monnaie s'effondre, cela, disent les économistes, est lié à la balance commerciale ; quand nos importations dépassent en volume ou en valeur nos exportations, il y a un déficit du commerce extérieur. Les réserves de change baissent. Les prix grimpent. Et quand on n'a pas d'autre choix que d'importer, on n'a pas d'autre choix que de subir le poids d'une inflation élevée. Importer de l'énergie (fossile ou autre), OK ; importer des machines, OK ; mais pourquoi toutes ces autres importations ? Sont-elles toutes utiles, sont-elles toutes indispensables ? N'est-ce pas notre mode de vie qui influence notre balance commerciale et donc notre monnaie et notre pouvoir d'achat ? Il est facile de dire qu'il faut mettre fin à certaines pratiques qui n'entretiennent qu'un sentiment de développement superflu. Mais qui commencera à réparer les dégâts ? Si on nous dit que chaque année des milliers de personnes rejoignent les rangs des chômeurs, ou que la plupart des emplois sont précaires, qui est responsable ? Qui sont ces gens qui optent pour la robotisation, l'ubérisation, la délocalisation… ? Ne sont-ils pas des membres de notre société ? Les multinationales, qui les gère localement ?

 

 

Beaucoup de gens souffrent tellement que chacun a tendance à penser que la faute incombe aux autres. Je dis simplement qu'il peut être nécessaire de commencer par balayer devant sa propre porte. La sagesse m'apprend qu'il ne faut pas compliquer les choses. Même quand je veux passer de l'Islam à l'Iman, et de l'Iman à l'Ihsan, je dois procéder doucement et graduellement. L'homme le plus sage, le meilleur croyant, en dehors des prophètes, est susceptible de faire des erreurs. L'homme est faillible. Il suffit de regretter et de dire pardon chaque fois qu'on tombe. On peut très bien profiter de la vie dans les limites prescrites par le Coran. Allah dit : « Ô vous qui croyez ! Ne déclarez pas illicites les bonnes choses qu'Allah vous a rendues licites. Et ne transgressez pas. Allah n'aime pas les transgresseurs. » (5.87) Pourquoi passerais-je mon temps à pleurer et à soupirer, sauf quand il s'agit de repentir ?

 

 

Les oulémas, qui ont compris la Foi, disent : (1) Repousser le mal prime sur l'obtention des bienfaits. Ils disent aussi : (2) La nécessité rend licites les interdits (ou la nécessité lève la restriction). (3) Ce sans quoi un devoir obligatoire ne peut être accompli est obligatoire. Ce sont (quelques-unes) des règles générales. Si j'ai la bonne foi, je ne transgresserai pas ces règles. Je ferai de mon mieux pour respecter au moins l'esprit du Coran. En tout cas, Allah seul sait ce qu'il y a dans mon cœur et Allah seul me jugera. La sagesse dit aussi que je ne devrais pas élever excessivement le niveau de mes exigences de foi, car je ne peux jamais savoir ce que l'avenir me réserve. Il serait préférable pour moi de procéder lentement plutôt que de souffrir en moi-même de ce que je ne suis pas tout à fait capable de supporter.

 

 

21

 

 

 

Pour l'amour, certains ont perdu la vie. D'autres ont fait faillite. Quelques-uns sont devenus philosophes. D'autres ont sombré dans la folie. Certains ont écrit des livres. D'autres ont versifié. Quelques-uns ont haï le monde entier, à l'exception de l'être aimé.

 

 

Depuis les tranchées, entourés par l'odeur du sang et la peur d'un ennemi invisible, de jeunes soldats écrivaient des messages pour dire combien le sourire de leur femme (épouse ou fiancée) leur manquait, combien ils aspiraient à rentrer à la maison pour les revoir.

 

 

Depuis l'avion qui les emmène au loin, certains sortent leur téléphone portable et disent à l'être cher resté au pays : « N'oublie pas, Katy. Je t'aime. À bientôt. »

 

 

D'autres s'arrêtent quelque part pour choisir avec soin une carte postale et les mots à écrire au verso. D'autres achètent des fleurs, des pulls, ou tout ce qui, selon eux, pourrait faire plaisir à l'être aimé. D'autres enfin ne prennent même pas la peine d'acheter quoi que ce soit. Non pas par mesquinerie. Mais simplement parce qu'ils ne trouvent rien qui puisse mieux traduire ce qu'ils ressentent qu'un sourire venant du fond du cœur ou une larme longtemps retenue.

 

 

Pour l'amour, certains deviennent si heureux qu'ils se mettent à faire ce qu'ils n'ont jamais fait auparavant. Les avares deviennent généreux. Les orgueilleux deviennent humbles.

 

 

Apparemment, ni la couleur de la peau, ni la beauté physique, ni même la bonté du cœur ou du caractère ne semblent être des conditions préalables pour aimer ou être aimé. La Belle peut aimer la Bête. Pour beaucoup, l'amour est un souhait, mais le plus souvent, il arrive par hasard, et quand il arrive, il est trop tard pour que quiconque juge si les « qualités » de l'être aimé correspondent aux critères secrets de l'amant. Même la beauté n'explique pas tout. Tout le monde est potentiellement aimable. Toutes les nations ont leurs histoires d'amour et leurs chansons d'amour.

 

 

Quels que soient les critères, ce qui est peut-être insensé dans l'amour, c'est qu'il peut très souvent vous faire aimer quelqu'un avec tous ses défauts physiques ou autres. On peut même aimer plus d'une fois dans sa vie.

 

 

Quand on y pense, c'est vraiment mystique. Qu'est-ce qui me pousse vers toi ? Qu'y a-t-il en moi qui me fait être attiré par toi personnellement ? Si tu es belle, gentille, ou quoi que ce soit d'autre… tu n'es pas la seule. Alors, pourquoi toi personnellement ? Est-ce simplement parce que je t'ai croisée à l'école, sur mon lieu de travail, dans mon quartier, dans ma famille, lors de mes voyages… ? Pourquoi les autres ne t'aiment-ils pas comme moi ? Pourquoi ne m'aimerais-tu pas, toi aussi ? Pourquoi refuserais-tu de m'épouser alors que tu m'aimes ? Pourquoi ai-je aimé d'autres personnes avant toi et les ai-je toutes oubliées ? Toute réponse à de telles questions ne peut être qu'approximative. L'amour n'est pas toujours pur. Il n'est pas toujours absolu. Il n'est pas toujours naïf. Mais il est là, c'est quelque chose de réel. Est-ce quelque chose de normal ? Ou bien cela cache-t-il quelque chose ? Ne pourrait-ce pas être le signe de quelque chose ? Ne pourrait-ce pas être un message, un message indirect ? Hé, regarde les qualités qui sont en toi : n'attends pas que ta bien-aimée t'aime. Tu es aimable en toi-même. Si tu es noir, des Blancs ont aimé des Noirs. Si tu es handicapé, des personnes valides ont aimé des handicapés… Si tu n'es pas beau, de belles personnes ont aimé des personnes « laides ». Fais comme un chercheur de trésor qui continue de fouiller un endroit spécifique jusqu'à ce qu'il trouve le trésor… Est-ce que tout bel oiseau a conscience de sa beauté ? Mais qui me dit cela ? D'où pourrait venir ce message indirect ? Est-ce seulement du développement personnel ? Ou est-ce la réalité ?

 

 

Cela peut sembler étrange, mais il y a plus d'un maître soufi qui nous dit que personne n'a jamais aimé autre que Dieu. Leïla, Bouthaina, 'Azza et toutes ces autres femmes légendaires immortalisées par les poètes arabes dans leur poésie amoureuse ne seraient en fait qu'une image (une incarnation) de la beauté divine. Ne pouvant voir Dieu, le poète exprime tout son amour, sa passion, sa gratitude… en s'adressant à une femme, en qui il voit toute la beauté, la grandeur et la sagesse du monde.

 

 

Alors, tout est une question de Foi ? Pourquoi devrais-je être différent, alors ? Pourquoi mon Dieu m'a-t-Il fait différent ? Eh bien, selon le Coran, par exemple, il n'y a pas de différence entre une femme noire et une femme blanche, entre un bel homme et un homme laid, entre un ingénieur accompli et un vendeur à la sauvette, entre une personne handicapée et une personne valide. Ils ont tous une âme. Ils sont tous jugés selon leurs actes : bonnes actions et mauvaises actions. Être noir, laid ou handicapé – ce n'est que « la première création ». Dans le Coran, nous lisons : « Nous avons décrété la mort parmi vous. Rien ne Nous devance. Pour vous transformer en ce que vous ne savez pas. Vous connaissez déjà la première création. Si seulement vous réfléchissiez ! » (56.60-62)

 

 

Les fleurs ne sont pas toutes identiques. Les roses ne sont pas toutes identiques. Les oiseaux de la jungle ne sont pas tous identiques. Mais ils sont tous beaux.

 

 

Et si personne ne se soucie de moi, si personne ne m'offre un bouquet de fleurs ou ne me dit des mots tendres, si personne ne pense à moi au-delà de mon entourage, mes parents et ma fratrie… ? Cela signifie-t-il que je ne mérite pas ce « petit plus d'attention » qui flatterait mon ego ? Cela signifie-t-il qu'il n'y a rien de spécial en moi et que ceux qui sont aimés sont bien meilleurs que moi ?

 

 

Il y avait un bédouin nommé Zâhir. Chaque fois qu'il rendait visite au Messager de Dieu (paix et salut sur lui), il lui apportait un cadeau des produits du désert. Et lorsqu'il avait l'intention de quitter Médine, le Prophète (paix et salut sur lui) lui donnait des provisions des produits de la ville. Le Prophète (paix et salut sur lui) disait : « Zâhir est notre bédouin, et nous sommes ses citadins. » Il l'aimait beaucoup. Zâhir n'était pas très beau. Un jour, le Prophète (paix et salut sur lui) l'approcha pendant qu'il vendait sa marchandise. Il le prit dans ses bras par derrière, et Zâhir ne le voyait pas. Zâhir dit : « Qui est-ce ? Lâche-moi ! » Il se retourna et vit que c'était le Prophète (paix et salut sur lui). Il se colla alors contre sa poitrine. Le Prophète (paix et salut sur lui) dit alors : « Qui achètera cet esclave ? » Zâhir dit : « Ô Messager de Dieu, tu ne trouveras personne pour m'acheter (personne ne voudrait de moi) ! » Le Prophète (paix et salut sur lui) dit : « Mais tu n'es pas ainsi auprès de Dieu » ; ou il dit : « Mais auprès de Dieu tu as de la valeur. »

 

 

Dieu dit dans le Coran : « N'épousez pas les femmes associatrices tant qu'elles n'auront pas la foi ; une servante croyante vaut mieux qu'une associatrice, même si celle-ci vous plaît. Et ne donnez pas d'épouses aux associateurs tant qu'ils n'auront pas la foi ; un esclave croyant vaut mieux qu'un associateur, même si celui-ci vous plaît. » (2.221) Dieu ne parle pas ici de n'importe quelle femme ou n'importe quel homme ; Il parle de la personne avec qui vous partagerez votre vie !

 

 

Est-ce contraire à l'islam, cependant, que d'aspirer à être aimé ou de vivre avec quelqu'un de son choix ? Ibn 'Abbâs a dit : « Moughîth était un esclave. » Il a dit : « Le Messager de Dieu (paix et salut sur lui) intercède pour moi auprès d'elle (Barîrah). Le Messager de Dieu (paix et salut sur lui) dit : 'Ô Barîrah, crains Dieu. C'est ton mari et le père de ton enfant.' Elle dit : 'Ô Messager de Dieu, est-ce un ordre de ta part ?' Il dit : 'Non, je ne fais qu'intercéder.' Alors les larmes coulaient sur ses joues (à lui, Moughîth). Le Messager de Dieu (paix et salut sur lui) dit à 'Abbâs : 'N'es-tu pas étonné de l'amour de Moughîth pour Barîrah et de la haine de celle-ci pour lui ?' »

 

 

Dans le Coran, nous lisons : « Et parmi Ses signes, Il a créé de vous, pour vous, des épouses, afin que vous trouviez en elles la sérénité, et Il a établi entre vous de l'affection et de la miséricorde. Il y a en cela des preuves pour des gens qui réfléchissent. » (30.21) Cela signifie qu'il doit y avoir un minimum d'« amour », ou disons d'« acceptabilité », entre les époux, et que cet « amour et cette miséricorde » sont un don de Dieu. En d'autres termes, l'amour est une bonne chose.

 

 

Mais l'amour n'est pas un jeu. L'amour fait peur. Dans le pire des cas, celui qui aime peut être déçu, choqué, humilié ou même poussé à la mort. Au mieux, un accident de la vie (une mort naturelle, par exemple) peut mettre fin à une longue relation amoureuse pleine de bonheur et de joie. Un vrai dilemme, n'est-ce pas ? C'est peut-être un dilemme seulement en théorie. Il y a beaucoup de gens, dans toutes les nations et toutes les religions, qui s'aiment, qui vivent heureux en famille, qui ont des enfants, et pour qui tout va bien.

 

 

Il en a toujours été ainsi depuis l'époque des Babyloniens et même avant. Où sont tous ces gens, où sont leurs palais, leurs jardins, leurs bijoux… ? Il ne reste que des mots dans des poèmes ou des dessins sur des murs en ruine ou dans des grottes. Cela a rappelé à certains qu'il faut plutôt voir ce qui est essentiel dans la vie. Ce serait un pas de géant vers la quiétude, qui nous rendra moins dépendants de beaucoup de choses que nous n'avons pas, de beaucoup de personnes que nous considérons comme indispensables, irremplaçables.

 

 

Il semble que nous ayons besoin de plus d'amour et d'affection en période de crise (ou à mesure que nous avançons en âge). Parfois, nous essayons de provoquer, de susciter cet amour en soignant au maximum notre apparence physique dans une tentative désespérée d'attirer l'attention.

 

 

En temps de crise, beaucoup de gens aspirent à l'affection et à la tendresse. Nous pouvons tous déceler sur les visages les signes de traumatismes et de tragédies personnelles cachés par des sourires de façade. Beaucoup de gens ont besoin de se sentir aimés, et quoi de plus naturel ? Quoi de plus qu'un amour sincère, qu'une attention bienveillante, pourrions-nous utiliser comme une bouée de sauvetage, une canne pour nous aider à avancer sereinement sur la route cahoteuse qui s'ouvre devant nous ? Mais la vérité est qu'il y a des gens mariés qui se haïssent tout en dormant ensemble. Même ceux qui s'aiment follement n'ont pas toujours la vie facile. Oh, combien d'amoureux se font la guerre au quotidien !

 

 

Nous avons tous besoin de compassion, ou d'une certaine forme d'amour, d'une manière ou d'une autre, un jour ou l'autre. Nous avons besoin de nous complimenter ou de nous apaiser mutuellement. Nous aimons tous entendre de belles paroles sur nous, sur nos biens, nos villes, nos pays. Cependant, il y a beaucoup de gens qui peuvent vivre leur amour en solitaire et supporter la séparation, comme on peut supporter le diabète ou l'hypertension. Ils se disent, quand ils le veulent, exactement ce qu'ils aiment entendre. Ils se donnent de l'importance quand personne ne s'intéresse à eux.

 

 

L'amour enseigne la sagesse car très souvent les expériences amoureuses sont pleines de frustrations et d'occasions manquées. Avec l'âge, le sentiment amoureux mûrit et nous fait aimer la vie telle qu'elle est, sans pour autant renoncer à nos rêves les plus fous, tout comme il nous fait aimer une personne avec tous ses défauts. Cette forme d'amour, quand elle est possible, permettrait d'avoir une certaine paix de l'esprit, une assurance affective et la capacité de sourire du fond du cœur et de voir et d'apprécier ce qui reste de la beauté du monde.

Dans un jardin, nous regardons la belle fleur ; nous fermons les yeux sur celle qui est fanée. Nous posons les yeux sur le palais et ignorons la cabane à côté. Mais aucun homme (hétérosexuel) ne laisserait passer une jeune femme pour regarder des fleurs à la place. Une jeune femme a plus de prix qu'une belle fleur.

 

 

D'une certaine manière, comme je l'ai dit plus haut, nous avons tous besoin d'une certaine forme d'amour de nos jours ; nous avons besoin de vraiment sentir que nous sommes en famille quand nous nous asseyons à table, par exemple : chacun semble séparé par la télévision, les smartphones ou autres gadgets. Il y a des gens qui sont malades et qui ont besoin de cet amour. Que font-ils si personne ne leur donne l'amour dont ils ont besoin ?

 

 

En matière d'amour, intellectuellement et spirituellement parlant, il vaut mieux être un sujet qu'un objet. Quand on aime, on donne, on est généreux. Quand on aspire à être aimé, par tous les moyens, ou quand on se sent aimé, on risque de tomber dans l'orgueil et l'avidité. Quand on aime, on est plus sensible aux fleurs et au chant des oiseaux, à la beauté des vergers, aux gens et à tout ce qui nous entoure. L'amour attendrit le cœur et renforce la spiritualité. Avec l'amour, on peut réaliser pleinement son humanité. L'amour nous aide à puiser la force dans nos faiblesses et la résilience dans nos échecs.

 

 

Supposons que vous ayez trouvé la personne idéale et que vous ayez vécu ensemble la vie la plus heureuse qui soit. Et puis vous perdez tout du jour au lendemain. Que feriez-vous ? Vous soucieriez-vous encore de quoi que ce soit ou de qui que ce soit au monde, après avoir perdu votre conjoint, vos enfants et tout le reste ? Pensez à Abd-ar-Rahman Ibn Khaldoun (1332-1406), l'un des plus éminents, sinon le plus éminent, savant arabe de tous les temps. Dans ses journaux, il a dit quelque chose comme ceci : « Beaucoup de gens ici (en Égypte) étaient jaloux de moi lorsque je suis devenu grand cadi malékite. Il est venu un temps où je n'en pouvais plus, alors j'ai demandé à être déchargé de mes fonctions. Puis, j'ai consacré mon temps à écrire et à enseigner. Mais ma famille, qui était restée à Tunis, me manquait bientôt. Le problème est que je ne pouvais pas m'y rendre à cause du sultan de Tunis. J'ai donc demandé au sultan d'Égypte de parler au sultan de Tunis en ma faveur. Ce dernier permit à ma famille de quitter Tunis. Ils prirent un bateau, mais alors qu'ils approchaient de la côte égyptienne, le bateau fit naufrage, et tous les membres de ma famille périrent… » Cela arriva à Ibn Khaldoun alors qu'il était âgé. Et pourtant, il resta mentalement apte et nous raconta son histoire. Aujourd'hui, tous les penseurs éminents de mon pays et du monde arabe ont été influencés d'une manière ou d'une autre par les écrits d'Ibn Khaldoun. Ils se soucient tous de sa pensée ; presque personne ne s'intéresse à son histoire personnelle.

 

 

Pour beaucoup de gens, une fin aussi malheureuse serait la fin de leur vie : plus d'espoir, plus de rêves, plus de buts. Pour des gens comme Ibn Khaldoun, la vie ne se termine que lorsque l'âme quitte le corps. Mais faut-il être comme Ibn Khaldoun pour aborder la vie de cette manière ? Qu'est-ce qu'Ibn Khaldoun avait qui lui permettait d'avancer ? Deux choses : la Foi et une certaine connaissance du monde. Nous pouvons tous avoir ce genre de chose, si nous le voulons. Je parle ici de gens comme vous et moi, qui lisent et qui réfléchissent.

 

 

Comment la foi et la connaissance peuvent-elles nous aider quand notre vie est bloquée comme une route en zone de guerre, quand toutes les barrières sont érigées devant nous ? Eh bien, elles peuvent nous aider à « dépersonnaliser » toute l'affaire. Si j'ai perdu mon amour, le meilleur amour du monde, ce n'est qu'un plaisir parmi tant d'autres. Je peux avoir du plaisir par un autre moyen. Si j'ai perdu un être cher, je me demande : et si je me perdais moi-même ? Si je me retrouvais soudainement en danger de mort, penserais-je à cet être cher que j'ai perdu ou ne penserais-je qu'à mon âme ? Est-ce que cet être cher me manque, est-ce que je le pleure parce que je crois qu'il aurait dû vivre plus longtemps ou parce que je le veux pour moi, pour qu'il soit éternellement à mes côtés ? Est-ce un sentiment altruiste ou égoïste ? Eh bien, quand on dépersonnalise la vie, on abat toutes les barrières égoïstes qui nous empêchent d'avancer.

 

 

Croyez-vous qu'Ibn Khaldoun n'ait pas pleuré en apprenant la nouvelle ? Même le Prophète Muhammad (paix et salut sur lui) a versé des larmes lorsqu'il a perdu son fils Ibrâhîm. Jacob aussi a pleuré quand il a perdu son fils Joseph. Mais Ibn Khaldoun n'avait-il qu'une seule famille, sa famille ? Il avait une famille bien, bien plus grande : la famille des lecteurs ; vous et moi sommes membres de cette famille. Le Prophète Muhammad (paix et salut sur lui) et le Prophète Jacob (paix et salut sur lui) n'ont pas vécu uniquement pour leur famille, uniquement pour eux-mêmes : ils ont vécu pour une famille bien, bien plus grande, pour l'humanité. Vous et moi faisons partie de cette grande famille. Ainsi, vous voyez des personnes sans enfants aider les enfants des autres ; vous voyez des auteurs aveugles écrire pour des voyants ; vous voyez des artistes pauvres divertir des gens riches ; vous voyez des maçons démunis construire des maisons pour les nantis ; vous voyez des chômeurs faire du bénévolat pour apporter de la joie à des gens qui ont un travail.

Mais l'altruisme est-il très éloigné de l'égoïsme ? Pas vraiment. Je peux aider les autres et en même temps y prendre du plaisir. Ce plaisir est ma récompense. Même quand je fais quelque chose pour l'amour de Dieu, je peux à juste titre et légitimement espérer en retour quelque chose de bon. Dans le Coran, nous lisons : « Certes, Dieu ne laisse pas perdre la récompense des bienfaisants. » (9.120)

 

 

Le monde est tout entier affaire de beauté et de grandeur. L'homme aspire à la beauté et à la grandeur. Quand nous ne sommes pas beaux nous-mêmes, nous nous efforçons d'obtenir quelqu'un ou quelque chose de beau. Quand nous ne pouvons pas être grands, nous nous identifions à quelqu'un ou quelque chose de grand.

 

 

Les hommes veulent de belles femmes et les femmes veulent de beaux hommes. Tous deux veulent de beaux enfants, beaucoup d'argent pour le logement, l'éducation, la nourriture et les loisirs. Ils veulent de grosses voitures, et une propriété à la campagne… pour impressionner amis et ennemis. Ils veulent le confort de la vie d'ici-bas comme un signe de réussite, de grandeur. D'où nos épreuves dans ce monde, en arabe *ibtila'*. Certains sont éprouvés par la possession de ces choses, d'autres par le fait d'en être privés. Dieu dit dans le Coran : « On a enjolivé aux gens l'amour des choses qu'ils désirent : les femmes, les enfants, les trésors d'or et d'argent accumulés, les chevaux racés, les bestiaux et les champs ; tout cela est jouissance de la vie d'ici-bas, alors que c'est auprès de Dieu qu'est le meilleur refuge. » (3.14) « Toute âme goûtera la mort. Nous vous éprouvons par le mal et par le bien, à titre de tentation. » (21.35) « Et Nous avons fait de certains d'entre vous une épreuve pour certains d'entre vous – Serez-vous endurants ? Et ton Seigneur est Clairvoyant. » (25.20)

 

 

Maintenant, que dit l'islam sur la beauté ? Le Coran donne un exemple de beauté extrême : Joseph, l'arrière-petit-fils d'Abraham. « Et dans la ville, des femmes dirent : 'La femme d'Al-'Azîz cherche à séduire son jeune esclave. Il l'a vraiment rendue folle d'amour. Nous la voyons, certes, dans un égarement manifeste.' Lorsque celle-ci (la femme d'Al-'Azîz) eut connaissance de leurs commérages, elle leur envoya une invitation et prépara pour elles un repas. Elle donna à chacune un couteau, puis dit (à Joseph) : 'Sors devant elles !' Quand elles le virent, elles l'exaltèrent et se coupèrent les mains, et s'écrièrent : 'À Dieu ne plaît ! Ce n'est pas un être humain, ce n'est qu'un ange noble !' Elle dit : 'Voilà donc celui à propos duquel vous me blâmiez. Je l'ai effectivement voulu séduire mais il s'en défendit.' » (12.30-32)

 

 

Il y a pourtant une beauté bien plus saisissante, que nous pouvons difficilement, voire jamais, concevoir : celle des Hoûris, les femmes du Paradis. Le Coran les décrit : « Elles seront comme le rubis et le corail. » (55.58) Le Prophète Muhammad (paix et salut sur lui) a dit : « La moelle des os des jambes de vos épouses (au Paradis) sera visible à travers la chair en raison de leur beauté excessive. » Pouvez-vous les imaginer ? Mais ce n'est pas tout. Le Prophète Muhammad (paix et salut sur lui) a dit : « Dieu est Beau, Il aime la beauté. » Pouvons-nous imaginer la beauté de Dieu, ne serait-ce qu'en rêve ? Bien sûr que non. « Les regards ne L'atteignent pas, tandis que Lui atteint les regards. » (6.103) « Et lorsque Moïse vint à Notre rendez-vous et que son Seigneur lui eut parlé, il dit : 'Seigneur, montre-Toi à moi pour que je Te voie !' Il dit : 'Tu ne Me verras pas ; mais regarde la montagne : si elle reste bien en place, alors tu Me verras.' Et lorsque son Seigneur Se manifesta à la montagne, Il la réduisit en poussière. Et Moïse s'effondra, foudroyé. » (7.143) Si nous ne pouvons voir la beauté de Dieu Lui-même, nous pouvons – et nous devons – voir la beauté que Dieu a créée dans l'univers et en nous-mêmes. Notre beauté – humaine – n'est qu'un exemple de cette beauté. Dieu dit : « Il y a pour vous une beauté en elles (les bestiaux) quand vous les ramenez le soir et quand vous les menez au pâturage le matin. » (16.6) « …et y avons fait pousser toutes les espèces de plantes les plus belles. » (50.7) « …Nous y faisons pousser des jardins de délices. » (27.60) « Nous avons certes embelli le ciel le plus proche de lampes. » (67.5) « Et Nous avons certes placé dans le ciel des constellations, et Nous l'avons embelli pour ceux qui regardent. » (15.16) « …et (Nous faisons pousser) des vignes, l'olive et la grenade, semblables ou différentes. Regardez leurs fruits quand ils en produisent et leur mûrissement. Voilà bien des signes pour des gens qui croient. » (6.99) Le but est clair : l'homme doit méditer sur les signes que Dieu a placés dans Sa création. « Et tout ce qu'Il a créé pour vous sur la terre, de couleurs diverses, voilà bien un signe pour des gens qui se rappellent. » (16.13)

 

 

Habituellement, les paonnes préfèrent les paons forts plutôt que « beaux ». Pourquoi certaines poules sont-elles plus belles que d'autres ? Peut-être certaines préfèrent-elles certaines formes ou couleurs. Mais un coq choisit-il une poule pour son beau plumage ? Quoi qu'il en soit, ces belles couleurs sont faites pour nous : « (C'est un) appel à la clairvoyance et un rappel pour tout serviteur repentant. » (50.8) La beauté rend la foi plus chère au cœur du croyant. « On lui dit : 'Entre dans le palais.' Et quand elle le vit, elle le prit pour une nappe d'eau profonde et elle se découvrit les jambes. (Salomon) dit : 'C'est un palais pavé de cristal.' Elle dit : 'Seigneur, je me suis fait du tort à moi-même et je me soumets avec Salomon à Dieu, Seigneur de l'univers.' » (27.44) Dieu dit dans le Coran : « Ô fils d'Adam, portez votre belle tenue dans chaque lieu de prière. » (7.31) Serait-il acceptable d'aller à une fête de mariage dans vos plus beaux vêtements et à la mosquée en tenue négligée ?

 

 

Dans une mosquée, vous verriez des gens avec des couleurs plus ou moins différentes, parlant des langues différentes, etc. « Et parmi Ses signes, la création des cieux et de la terre, et la variété de vos langues et de vos couleurs. Il y a en cela des signes pour les savants. » (30.21) « Et parmi Ses signes, la création des cieux et de la terre, et la variété de vos langues et de vos couleurs. Il y a en cela des signes pour les savants. » (30.22) « …et Nous en faisons sortir des fruits de couleurs variées. Et dans les montagnes, il y a des sillons blancs et rouges, de couleurs variées, et d'un noir intense. Et parmi les hommes, les animaux et les bestiaux, il y a de même des couleurs variées. Seuls les savants parmi Ses serviteurs craignent Dieu. Dieu est, certes, Puissant et Pardonneur. » (35.27-28) C'est parce que c'est Dieu, « le Créateur des cieux et de la terre », « le Créateur des cieux et de la terre », Qui « ajoute à la création ce qu'Il veut. Dieu est, certes, Omnipotent. » (35.1) « Quand Il décide une chose, Il dit seulement : 'Sois !' et elle est. » (2.117) Il est capable non seulement de créer, mais aussi d'inventer et de diversifier. « C'est Lui, Dieu, le Créateur, Celui qui donne un commencement à toute chose, le Formateur. » (59.24)

 

 

En effet, la diversité fait partie de la beauté que Dieu a mise dans ce monde. Vous pourriez être stupéfait de voir combien de couleurs se trouvent dans les tomates et les aubergines, par exemple. Et vous mangeriez sans difficulté des légumes, des fruits et de la viande de couleurs très diverses. Comment saurais-je que cette personne est Chinoise si elle ressemble exactement à un Suédois ou à un Indien d'Amérique, ou parle exactement comme un Irlandais ou un Berbère marocain ? Dieu dit : « Ô hommes ! Nous vous avons créés d'un mâle et d'une femelle, et Nous avons fait de vous des nations et des tribus, pour que vous vous connaissiez entre vous. Le plus noble d'entre vous, auprès de Dieu, est le plus pieux. Dieu est, certes, Omniscient et Parfaitement Informé. » (49.13) « Et parmi Ses signes, la création des cieux et de la terre, et la variété de vos langues et de vos couleurs. Il y a en cela des signes pour les savants. » (30.21) Cela signifie-t-il qu'une personne chinoise vaut moins ou plus qu'une personne d'un autre pays ? Pas nécessairement. Dans le Coran, nous lisons : « Et sur la terre, il y a des parcelles voisines, des jardins de vignes, des céréales, des palmiers en touffes ou espacés, arrosés de la même eau. Nous rendons certains plus excellents que d'autres quant à la nourriture. Voilà bien des signes pour des gens qui raisonnent. » (13.4) Il s'agit d'abord et avant tout d'une diversité « innocente », « inoffensive ». Après cela, nous pouvons, oui, parler d'une certaine forme de différenciation, mais pas d'un favoritisme tel que nous pourrions l'entendre. Le Coran le dit explicitement : « Dieu a favorisé certains d'entre vous par rapport à d'autres dans l'attribution de Ses dons. » (16.71) « Regarde comment Nous favorisons certains sur d'autres ; et dans l'au-delà, il y a des rangs plus élevés et plus grands privilèges. » (17.21) « Ne convoitez pas ce par quoi Dieu a favorisé certains d'entre vous par rapport à d'autres. » (4.32) Alors, dois-je m'offusquer quand je vois que Dieu a favorisé quelqu'un par rapport à moi en termes de beauté physique, de santé, de biens matériels ou de pouvoir, etc. ? Dieu dit : « Ne convoitez pas ce par quoi Dieu a favorisé certains d'entre vous par rapport à d'autres. » (4.32) Dieu a même préféré certains messagers à d'autres. « Parmi ces messagers, Nous avons favorisé certains par rapport à d'autres. Il en est à qui Dieu a parlé ; et Il en a élevé certains en degrés. » (2.253)

 

 

Le Prophète (paix et salut sur lui) a dit : « Regardez ceux qui sont en dessous de vous, et ne regardez pas ceux qui sont au-dessus de vous, car cela vous évitera de mépriser les bienfaits que Dieu vous a accordés. » À moins d'avoir une pensée malveillante, je dois d'abord me comparer aux autres créatures avant de me comparer à mes semblables humains. Dieu dit : « Certes, Nous avons honoré les fils d'Adam. Nous les avons transportés sur terre et sur mer, leur avons attribué de bonnes choses comme nourriture, et Nous les avons nettement préférés à plusieurs de Nos créatures. » (17.70) Un chat peut manger ce que je crache, mais je ne mangerais jamais ce qu'un chat crache.

 

 

Par ailleurs, la « préférence » n'est pas nécessairement prédéterminée. Vous pourriez acheter une bonne voiture (de votre propre choix) pour découvrir ensuite que vous auriez pu en acheter une bien meilleure avec la même somme d'argent, si, si, si. Idem pour votre maison, votre école, votre chemise, votre conjoint, etc. À qui en voudriez-vous, alors, pour quelque chose que vous avez vous-même décidé ? Pire, vous pouvez être beau et votre conjoint beau aussi, mais vos enfants s'avèrent moins beaux que les enfants d'un couple sans aucun attrait physique. Vous pouvez être intelligent et votre conjoint intelligent aussi, mais vos enfants s'avèrent moins intelligents que les enfants d'un couple analphabète. Un fils peut être moins beau/intelligent que son frère et une fille moins belle/intelligente que sa sœur.

 

 

Alors, où allons-nous à partir de là ? Il y a le problème de la beauté, il y a le problème de l'amour, il y a le problème du choix. Dois-je, par exemple, veiller à ne « choisir » d'épouser que quelqu'un de beau et qui m'aime ? Et si mon conjoint n'était ni beau ni ne m'aimait ? Serait-ce le signe que je ne vaux exactement que cela ? Alors, dans ce cas, ce serait de ma propre responsabilité. Si je considère comme une condition préalable absolue que mon futur conjoint soit tel dont je rêve, alors je ne me marie pas et je m'épargne des ennuis. Si je peux voir en moi mes propres qualités, si je peux m'estimer indépendamment de ce que les autres pensent de moi, alors je ne verrai pas chez mon conjoint des signes « égoïstes » de ma propre valeur. Je vaux ce que je vaux. Ma femme, si j'en ai une, vaut ce qu'elle vaut. Et pourtant, la compagne que je « choisirais » pourrait me donner une idée de moi-même. Dieu dit dans le Coran : « Les mauvaises femmes aux mauvais hommes, et les mauvais hommes aux mauvaises femmes. Les bonnes femmes aux bons hommes, et les bons hommes aux bonnes femmes. » (24.26)

 

 

Alors, plutôt que d'être constamment obsédé par ce que je vaux à mes propres yeux ou aux yeux d'humains semblables à moi, je préfère regarder plus haut que nous tous. « Les sept cieux et la terre et ceux qui s'y trouvent célèbrent Sa gloire. Et il n'y a rien qui ne célèbre Sa gloire et Ses louanges, mais vous ne comprenez pas leur célébration. Il est, certes, Indulgent et Pardonneur. » (17.44) Le Prophète (paix et salut sur lui) a dit : « Aucun d'entre vous n'est véritablement croyant tant que je ne lui suis pas plus cher que son enfant, son père et l'humanité tout entière. »

 

 

Nos actions ne sont pas toujours justifiables par un raisonnement analytique. Pensez au coup de foudre, par exemple. La beauté aussi est très souvent relative. « Il n'y a pas de beauté sans défaut », dit le proverbe marocain. Même la plus belle des femmes vieillit et perd sa jeunesse et sa beauté, et le plus bel homme vieillit et perd sa force et sa virilité.

 

 

Le problème est qu'à l'heure de notre faiblesse, nous pouvons avoir peur de ne pas être à la hauteur. L'acceptation de soi n'est pas toujours évidente. Nous savons tous, par exemple, que l'industrie de la chirurgie esthétique pèse des milliards de dollars. Et des millions de personnes dans le monde luttent quotidiennement contre les kilos superflus.

 

 

Ce qui peut être choquant, peut-être, c'est qu'un vrai croyant ne serait jamais « satisfait » complètement et sincèrement d'une beauté de ce monde, qu'il s'agisse d'un visage ou d'un corps humain, ou de toute sorte de biens matériels. Un vrai croyant est un croyant ambitieux, qui aspire à ce qui est meilleur. Mais un vrai croyant est un humain comme tous les êtres humains, avec plus ou moins les mêmes pulsions primordiales. Dieu dit : « On a enjolivé aux gens l'amour des choses qu'ils désirent : les femmes, les enfants, les trésors d'or et d'argent accumulés, les chevaux racés, les bestiaux et les champs ; tout cela est jouissance de la vie d'ici-bas, alors que c'est auprès de Dieu qu'est le meilleur refuge. » (3.14) Cela s'applique à tous les hommes. La différenciation vient après. « Dis : 'Puis-je vous apprendre quelque chose de meilleur que tout cela ? Pour ceux qui craignent Dieu, il y a, auprès de leur Seigneur, des jardins sous lesquels coulent les ruisseaux, pour y demeurer éternellement, des épouses purifiées et l'agrément de Dieu.' Et Dieu est Clairvoyant sur Ses serviteurs. » (3.15) « Celui à qui Nous avons fait une belle promesse dont il verra la réalisation, est-il comparable à celui à qui Nous avons accordé la jouissance de la vie présente et qui sera ensuite, au Jour de la Résurrection, parmi les comparants ? » (28.61) « Et ne porte pas tes regards vers ce dont Nous avons donné jouissance à certains couples d'entre eux, comme fleur de la vie présente, afin de les éprouver par cela. Ce que ton Seigneur te prodigue est meilleur et plus durable. » (20.131) La différenciation vient avec la foi. Quand je crois qu'un jour j'aurai droit à ce qu'il y a de mieux que la meilleure chose que je puisse avoir en ce monde, je freine, du mieux que je peux, mes désirs, mes souhaits et mes caprices, et je me contente de ce que j'ai. Les Français disent : « Faute de grives, on mange des merles. » C'est vrai aussi pour le vrai croyant, avec la nuance près que le vrai croyant accepte ce qu'il a par conviction, et non par résignation. Quand j'ai cette conviction, je me débarrasse de tous mes complexes psychologiques et prends plaisir à faire mon devoir, à vivre ma vie sereinement dans ma foi.

 

 

Dieu veut que je sois en paix avec moi-même. Il a dit au Prophète (paix et salut sur lui) : « …que ton âme ne se consume donc pas de regrets pour eux. » (35.8) Et à nous tous : « Nul malheur n'atteint la terre ni vos personnes, qui ne soit dans un Livre avant que Nous ne l'ayons créé – cela est facile pour Dieu – afin que vous ne vous affligiez pas de ce qui vous échappe, et que vous ne vous réjouissiez pas de ce qu'Il vous a donné. » (57.22-23) Dieu veut même que je sois, en tant que croyant, physiquement en forme. D'où mon repos et mon sommeil. « N'ont-ils pas vu comment Nous avons fait la nuit pour qu'ils s'y reposent, et le jour pour les éclairer ? » (27.86) « C'est Lui qui vous a désigné la nuit pour que vous vous y reposiez. » (10.67) « Ô fils d'Adam, portez votre belle tenue dans chaque lieu de prière ; mangez et buvez et ne commettez pas d'excès. » (7.31)

 

 

Même quand je m'attire des ennuis comme punition de mes péchés, je ne dois pas me faire de souci à en mourir. Dieu dit : « Quand Nous faisons goûter une miséricorde aux gens, ils s'en réjouissent ; mais si un mal les atteint à cause de ce que leurs propres mains ont préparé, les voilà désespérés ! Ne voient-ils pas que Dieu dispense largement Ses dons ou les restreint à qui Il veut ? Il y a en cela des signes pour des gens qui croient. » (30.36-37) « Dis : 'Ô Mes serviteurs qui avez commis des excès à votre propre détriment, ne désespérez pas de la miséricorde de Dieu. Car Dieu pardonne tous les péchés. C'est Lui, le Pardonneur, le Très Miséricordieux.' » (39.53) Pour apaiser mon âme, j'ai des outils simples. Dieu dit : « Je suis Dieu. Point de divinité à part Moi. Adore-Moi donc et accomplis la prière pour te souvenir de Moi. » (20.14) « C'est par l'évocation de Dieu que les cœurs trouvent la quiétude. » (13.28)

 

 

Si j'ai la chance d'avoir le conjoint qu'il me faut, avec qui je peux vivre en paix et en amour, c'est très bien. Si je ne peux pas trouver cela, que faire ? Me flageller ou blâmer les autres pour mes malheurs ? Ou plutôt chercher l'amour que je veux, la beauté que je veux, en moi-même, dans mon âme ? L'estime de soi est plus précieuse que l'amour ou la beauté de quiconque. Je peux trouver tout cela en moi et être heureux de ce que je suis, de ce que j'ai. Et en même temps, je peux être ambitieux sans vouloir mettre la barre trop haut.

 

 

Le Prophète Muhammad (paix et salut sur lui) dormait sur une natte dure, se nourrissait de pain et de dattes, et il lui arriva de parcourir les rues la nuit simplement parce qu'il avait trop faim pour rester chez lui. Et pourtant, ses compagnons ont réussi à bâtir de grands empires (ambitieux). Il aurait pu se faire un paradis sur terre s'il l'avait voulu, même si cela avait impliqué de mener des guerres sanglantes.

Le Prophète Muhammad (paix et salut sur lui) voulait être un homme du peuple, non d'une élite heureuse. Il voulait montrer l'exemple. Un gouverneur vint voir le calife Omar Ibn al-Khattâb et lui offrit des gâteaux. Omar lui dit : « Est-ce que tous les gens de ta région mangent de si bons gâteaux ? » Comment un proche compagnon du Prophète Muhammad (paix et salut sur lui) aurait-il pu manger des gâteaux que seuls les nantis pouvaient s'offrir ? Mais c'était le calife Omar, pas vous et moi.

 

Mohamed Ali Lagouader

Mohammédia, Maroc